Votre plan d’action TDAH pour vivre votre meilleure année

Le début d’une nouvelle année est souvent rempli d’espoir : on souhaite vivre un renouveau et obtenir de meilleurs résultats que l’année précédente. Plusieurs personnes réévalueront leurs objectifs afin de préparer un nouveau plan d’action ou de prendre des résolutions pour la nouvelle année. D’autres personnes (peut-être vous) ont perdu tout espoir et sont convaincues que cette année ne sera pas différente des autres. Bien que vous ayez le désir et la motivation d’apporter des changements – après tout, si vous vivez avec le TDAH, vous êtes confronté à plusieurs problèmes quotidiens que vous aimeriez probablement régler – vous avez appris à la dure que vous auriez peut-être intérêt à éviter de vous fixer des objectifs et de prendre des résolutions pour la nouvelle année.

Après tout, le suivi de vos réalisations s’est avéré plutôt désastreux et vous vous sentez incapable (ou vous ne voulez pas) de gérer les sentiments de déception et de culpabilité que vous ressentez lorsque les choses ne vont pas comme prévu. Il est vrai qu’une des meilleures façons d’éviter les échecs est de ne pas essayer, mais malheureusement, si vous voulez que votre situation change, vous devez changer votre façon de faire. Ce changement exige que vous développiez une intention de changer – c’est à ce moment que vos objectifs et vos résolutions entreront en jeu – mais cela nécessite également des efforts et un plan d’action, et c’est à ce moment que les choses tournent habituellement mal pour les adultes atteints du TDAH. Toutefois, il y a une autre solution.

Comment passer une meilleure année sans se fixer des objectifs?

Si l’idée de vous fixer des objectifs vous effraie, il existe une approche plus simple, mais tout aussi efficace. Développez de nouvelles habitudes qui manifestent les changements souhaités dans votre vie. Nous avons tous déjà entendu dire qu’un voyage de 1000 kilomètres commence toujours par un premier pas, mais il y a une vérité cachée encore plus importante. Un voyage de 1000 kilomètres, ou même de 10 000 kilomètres, est entièrement constitué de pas distincts! Atteindre des objectifs à long terme est extrêmement gratifiant et, ultimement, beaucoup plus efficace que si vous utilisiez des méthodes traditionnelles.

Votre plan d’action en six étapes pour développer une nouvelle habitude

Voici quelques étapes qui vous aideront à développer une nouvelle habitude :

1) Quels résultats souhaitez-vous obtenir? Souhaitez-vous être en meilleure forme physique? Être plus organisé? Être plus ponctuel? Avoir plus de concentration? Être moins désorganisé? Avoir de meilleures relations interpersonnelles? Les options sont infinies. Choisissez un objectif qui compte réellement à vos yeux. Une fois que vous aurez maîtrisé le processus de développer de nouvelles habitudes, vous serez capable d’être en contrôle de tous les aspects de votre vie. Toutefois, choisissez un seul objectif pour vous pratiquer.

2) Quelles sont les petites actions constantes qui vous permettraient de vous rapprocher des résultats souhaités? Plusieurs personnes souhaitent perdre du poids ou être en meilleure forme physique.   Elles s’abonnent à un gym, achètent de l’équipement pour faire de l’exercice et ne mangent que des salades. Après seulement trois semaines, elles sont épuisées et en ont assez! Si vous souhaitez être en meilleure forme physique, commencez par une petite étape. Au travail, prenez l’habitude de toujours prendre les escaliers plutôt que de prendre l’ascenseur.

Si vous souhaitez être davantage organisé, ne commencez pas par faire le grand ménage de votre maison. Prenez l’habitude de faire votre lit tous les matins avant de quitter la maison. Vous aurez immédiatement l’impression d’être plus organisé, et cette impression se fera tranquillement ressentir dans toutes les autres sphères de votre vie. Une fois que vous aurez pris l’habitude de faire votre lit tous les matins, au point où ce sera devenu un automatisme, ajoutez une nouvelle habitude, telle que laver votre vaisselle tout de suite après l’avoir utilisée.

Chaque grand changement dans votre vie doit commencer par une première étape, une nouvelle habitude. Si vous souhaitez arriver à l’heure au travail, commencez par prendre l’habitude de préparer vos vêtements et votre lunch la veille. Si vous souhaitez améliorer votre concentration, développer une habitude qui vous aidera à mieux dormir. Si vous souhaitez améliorer vos relations interpersonnelles, prenez l’habitude d’écouter les autres plutôt que de les interrompre.

Il se peut que vous deviez diviser certains changements en plus petites étapes afin d’avancer, surtout si vous n’avez jamais réussi à développer et garder une habitude. (Vous avez déjà certaines habitudes : combien de fois vous arrive-t-il d’oublier de vous habiller avant de quitter la maison? Vous habiller est une habitude!) Analysez les actions que vous devez prendre. Par exemple, quelles sont les étapes qui pourraient vous aider à mieux dormir? Vous dormiriez mieux si vous éteigniez votre ordinateur au moins deux heures avant d’aller au lit. C’est également une bonne idée de tamiser les lumières après le souper. Ne posez pas tous ces gestes en même temps, mais prenez l’habitude d’en poser un premier, puis un autre et ainsi de suite et, avant longtemps, vous aurez de bien meilleures nuits de sommeil.

3) Améliorez vos chances. Au début, vous ne serez pas capable de vous rappeler automatiquement ce que vous devez faire, puisque ce ne sera pas encore une habitude! Prévoyez des rappels visuels ou sonores. Trouvez un ami qui s’efforce également de développer de nouvelles habitudes et encouragez-vous mutuellement. Faites-en un jeu. Ancrez votre nouvelle habitude à une habitude que vous avez déjà. Par exemple, lorsque je voulais rédiger mon premier programme pour les adultes atteints du TDAH, « Prenez le contrôle de votre énergie » (qui s’appelle maintenant Vibrez!), j’ai réussi à ancrer ma nouvelle habitude d’écrire tous les matins en plaçant un crayon et une feuille du papier à l’endroit où je m’assoyais pour déjeuner. C’est une habitude que j’ai conservée depuis un certain temps, et qui m’a aidée à mettre sur pied plusieurs programmes pour les adultes atteints du TDAH, et ce, une étape à la fois!

4) Déterminez la façon dont vous ferez le suivi de vos progrès. Même après avoir répété une même action pendant ce qui semble une éternité, les adultes atteints du TDAH oublient souvent les habitudes qu’ils ont développées. Vous êtes distrait. Toutefois, si vous prenez également l’habitude d’utiliser un logiciel de suivi tel qu’HabitBull, ou encore une fiche de suivi, cela vous aidera à garder votre motivation, surtout si vous vous récompensez au fur et à mesure que vous progressez, et ainsi, vous n’oublierez pas de maintenir les habitudes que vous avez instaurées.

5) Célébrez votre progrès. Vous devez stimuler la partie hédoniste de votre cerveau (l’hémisphère droit) en associant le changement à une expérience positive. Ayez du plaisir à développer de nouvelles habitudes; cela ne doit pas être ennuyant. Vous aurez ainsi beaucoup plus de facilité à persévérer et à faciliter les futurs changements.

6) Acceptez les oublis occasionnels. Il faut environ 66 jours pour développer une habitude – et ce n’est qu’une moyenne – mais plus longtemps vous la maintiendrez, plus elle sera fermement ancrée. Recherchez la constance, mais si vous oubliez une journée, ne vous laissez pas assaillir par un sentiment de culpabilité ou de déception, et reprenez votre habitude. Dites-vous que vous êtes humain. Même si vous échouez une journée, cela ne signifie pas que vous avez tout perdu. Toutefois, nous tendons à percevoir les oublis comme des échecs, et nous faisons en sorte que cela s’avère véridique. Si vous mangez un biscuit alors que vous êtes au régime, vous pouvez revenir sur le droit chemin en n’en mangeant pas un autre, mais plusieurs personnes voient cela comme un échec et se disent : « Bon, j’ai triché. Je suis un tricheur! Je ferais aussi bien de manger le reste du sac! » Et c’est à ce moment que les problèmes commencent. Aucun oubli ou aucun égarement ne mérite un échec cuisant. Si vous levez des poids chaque jour, mais que vous sautez une journée, cela ne signifie pas que vous deviez tout reprendre du début le jour suivant. Il en va de même avec les habitudes.

N’oubliez pas : commencez par un petit changement simple et développez une nouvelle habitude à la fois. Commencez avec cela. Et faites-nous part de votre nouvelle habitude dans la section « Commentaires »!

Ne coupez pas votre main gauche

Je désire vous partager une citation que j’ai lu ce matin; c’est une citation puissante qui suscite la réflexion. Victor C. Frankl, un survivant du camp de concentration Nazi a écrit :

«Entre le stimulus et la réponse, il y a un espace, dans cet espace se trouve notre pouvoir de choisir notre réponse et dans notre réponse se trouve notre croissance et notre liberté.»

Dans mon rôle de coach, j’accompagne des adultes atteints du TDAH, et une de mes fonctions les plus importantes est de les aider à répondre à leur situation au lieu de réagir. Lorsqu’ils reçoivent leur diagnostic pour la première fois, surtout lorsque leur TDAH est découvert à un âge avancé, ils interprètent ce diagnostic comme «je suis brisé!».  Immédiatement, ils débutent leur recherche vers un remède.   Ils se tournent vers leur médecin en disant, «maintenant que vous savez ce que c’est, n’y a-t-il pas de pilule qui pourrait le guérir?» Nous sommes conditionnés à « réagir » avec l’utilisation de médicament plutôt que de « répondre » avec un changement de style de vie – quoiqu’on entende souvent parler du régime miracle, la solution à la perte de poids est vraiment de manger moins et de faire plus d’exercice.

Même les adultes atteints du TDAH qui découvrent rapidement que les « pilules ne vous apprennent pas des stratégies », et avec ou sans médicament, vous devez adopter une approche mieux conçue pour le TDAH, se perçoivent comme défectueux et recherche les solutions rapides. Vous recherchez une formation pour vous aider à surmonter vos faiblesses en travaillant plus longtemps et plus fort, en étant plus discipliné, en étant plus ambitieux… vous avez du mal à gérer votre temps et donc vous suivez une formation pour améliorer votre gestion du temps, vos difficultés avec la prise de décision vous entrainent à trouver un expert dans la prise de décision, vous travaillez avec un organisateur pour mettre en place un système de classement pour vous dossiers… Dans chaque cas, vous cherchez et luttez pour mettre en application, les conseils d’experts qui ont de bonnes intentions et sont bien renseignés sur les méthodes pour les personnes dites « neurotypiques ».

Vous recherchez les experts, mais ce sont des experts sur la meilleure méthode de fonctionner lorsqu’on n’est pas atteint du TDAH. Ce qu’ils vous enseignes sont des stratégies et des techniques parfaitement adaptées pour aider les « neurotypiques » à mieux gérer leur temps, à mieux s’organiser et à prendre de meilleures décisions. Malheureusement, lorsque ces stratégies échouent – et elles échoueront, car elles sont spécifiquement adaptées pour les personnes qui ne sont pas atteintes du TDAH – vous vous reprochez pour vos défauts. Étant un adulte atteint du TDAH, vous questionnez rarement ces stratégies, ou ces experts; vous prenez la responsabilité.

Parfois, les améliorations initiales vous donnent une prise de conscience erronée puisque votre cerveau de TDAH aime la nouveauté, mais après un certain temps, ces stratégies ne fonctionneront plus parce que vous niez que vous êtes différent des neurotypiques… ni pire, ni meilleur… mais différent. C’est un peu comme se couper la main gauche pour vous forcer de travailler de la « bonne » façon de faire les choses, avec la main droite. En effet, pour plusieurs années, les personnes qui écrivaient de la main gauche étaient battues à l’école parce qu’ils essayaient d’écrire avec la main gauche. Être gaucher était être « défectueux » ou pire, méchant. Par contre, aujourd’hui nous le savons bien que le succès pour un gaucher signifie écrire de la main gauche. Cela pourrait même être un avantage… les balles des lanceurs gauchers sont souvent plus difficiles à frapper que celles des lanceurs droitiers.

Donc si votre réaction à votre TDAH a été, « ne pourriez-vous pas me guérir? » et que vous avez adopté jusqu’à présent une approche de neurotypique pour gérer votre vie, je vous invite fortement de répondre en acceptant au lieu votre TDAH. Accueillez votre unicité et apprenez à mieux travailler avec votre TDAH, en adoptant des méthodes conçues pour le déficit de l’attention. Ce n’est que lorsque vous accepterez votre unicité et l’embrasserez comme une différence plutôt qu’un défaut… lorsque vous cesserez de vivre comme un droitier comme tout le monde et vous outillez d’un équipement conçu pour un gaucher que vous grandirez et vous sentirez libre.

Prenez le contrôle de votre vie

Controle du TDAHRécemment je suis partie pour une longue fin de semaine avec Duane dans la belle et romantique ville de Québec. Nous sommes restés dans un charmant hôtel situé tout près de la plus vieille partie de la ville, mieux connue sous le nom de « Basse-Ville ». Un week-end de travail où nous avons passé, chaque jour, plusieurs heures à effectuer un exercice que je suggère à mes clients, soit d’utiliser un processus de planification qui nous permet de prendre le contrôle de notre vie. Vous voyez, je mets mes conseils en pratique!

Bien que cela puisse ne pas sembler une escapade très romantique, cela nous a motivés à travailler sur notre avenir ensemble, en plus de nous permettre de renforcer notre engagement l’un envers l’autre, nous assurant que nous « allons tous les deux dans la même direction » afin de vivre notre vie de couple du mieux que nous le pouvons.

De la dérive à la responsabilité

Nous avons amorcé ce processus il y a déjà quelques années, et nous avons tous deux réalisé que nous sautions d’un emploi à l’autre, d’une carrière à l’autre, et ce, sans vraiment savoir ce que nous voulions vraiment faire de notre vie. Je me suis lancée plusieurs fois en affaires, dans plusieurs projets qui m’intéressaient plus ou moins, j’ai été professeure en entreprenariat, j’ai été adjointe administrative du président d’une compagnie de produits pharmaceutiques avant d’être promue à un poste de gestionnaire de projets, puis je suis devenue une « pusher de drogues » (une représentante de produits pharmaceutiques qui vend des « drogues » légales)! Au départ, je souhaitais devenir médecin, mais je n’ai pas réussi à être acceptée à l’école de médecine, et je n’avais aucun plan B. Je changeais constamment d’emploi, j’ai complété un baccalauréat en administration pour finir par me demander, une fois mon cours complété : « Mais pourquoi est-ce que je voulais faire ça finalement? »

J’ai finalement compris que je laissais ma vie et les événements décider de ce que je ferais dans les huit à seize heures par jour de travail! Je n’ai réussi à figurer ce que je voulais vraiment devenir que lorsque j’ai atteint l’âge de 40 ans! Prendre la décision de devenir coach de vie m’a pris presque un an d’introspection, à analyser ce qui me plaisait vraiment et à découvrir ce qui me rendait vraiment heureuse. C’est d’ailleurs en prenant cette décision que j’ai réussi à prendre le contrôle de ma vie.

Prendre la décision de devenir coach a été à la fois simple et difficile. Je m’inquiétais à propos des finances, mais j’avais l’impression qu’il s’agissait bel et bien de ma vocation, de ce que je voulais faire. Il est intéressant de voir de quelle façon la vie s’y prend pour nous envoyer ses messages. J’étais sur le point de compléter ma formation de coach et de me lancer en affaires, alors que j’étais toujours représentante de produits pharmaceutiques, lorsqu’une blessure au cou a fait en sorte que je devais dorénavant limiter et idéalement éviter de conduire ma voiture… et Dieu sait qu’être sur la route constitue l’une des principales tâches d’un représentant des ventes!

Lorsque vous prenez le contrôle de votre vie, vous êtes en mesure de prendre les décisions qui vous permettront de façonner l’avenir que vous espérez, vous choisissez le chemin que vous devrez suivre pour y arriver (les projets dans lesquels vous vous lancerez), puis vous passerez à l’action. La vie se chargera de vous mettre face à des obstacles, votre progression ne sera peut-être pas toujours facile, et comme tout autre projet dans lequel vous vous lancerez, il vous faudra parfois remettre les pendules à l’heure afin de pouvoir poursuivre votre cheminement. Le week-end que nous avons passé à Québec, Duane et moi, fait partie du processus que nous avons entrepris pour nous assurer que nous sommes toujours dans la course.

Toutefois, il n’est pas nécessaire d’être en couple pour prendre le contrôle de votre vie. Et vous n’avez pas besoin d’attendre d’avoir atteint l’âge de 40 ans non plus! Ou si vous avez plus de 40 ans, il n’est pas trop tard pour agir non plus! Le moment idéal pour vous lancer est maintenant. Vous pouvez vivre la vie que vous voulez!

Lorsque vous développez une vision de votre avenir, vous avez la possibilité d’apprécier davantage le moment présent puisque vous réalisez que cette vision, comme une voiture, vous mènera où vous le souhaitez. Alors, à quoi ressemble votre avenir? Quels plans ferez-vous pour faire profiter le monde de vos forces, de vos talents, de votre génie créatif?

Voici les premières étapes qui vous permettront d’avancer vers votre objectif :

  1. Choisissez un jour et une heure où vous prendrez le contrôle de votre vie. Si vous êtes en couple, partagez votre objectif avec votre partenaire. Engagez-vous à respecter votre engagement et assurez-vous que rien ne viendra se mettre en travers de votre route. Il s’agit d’une rencontre très importante que vous aurez avec la personne la plus importante de votre vie : vous!
  2. Visualisez ce que vous aimeriez être dans cinq ou dix ans. Imaginez le style de vie que vous souhaitez avoir, et évaluez le type de personne que vous aimeriez être une fois rendu là.
  3. Sélectionnez les quelques premiers projets qui vous permettront de progresser vers la vie que vous souhaitez vivre.

Vous attendez d’avoir le temps?

P.S. : Pour tous ceux d’entre vous qui sont sur le point de mettre ce projet de côté, en vous disant que vous le ferez lorsque vous aurez le temps… arrêtez maintenant! Il y a 168 heures dans une semaine. Je n’ai pas écouté les nouvelles dernièrement, mais je pense que j’aurais entendu parler d’un programme permettant d’augmenter le nombre d’heures dans une semaine si ça avait été le cas. Cela signifie donc que vous disposerez encore de 168 heures la semaine prochaine, l’année prochaine, ou dans cinq ans. Vous ne pouvez attendre jusqu’au jour où vous aurez le temps. Vous devez prendre le temps! Je suis convaincue que vous ne souhaitez pas repenser à votre vie en ayant des regrets, vous disant que vous n’avez jamais pu devenir le génie créatif que vous êtes.

 

Cette année, soyez « inarrêtable »

tdah inarretableAu cours des prochaines semaines, vous serez inondé d’une panoplie d’articles portant sur les « résolutions du nouvel an ». Vous serez sans aucun doute tenté de vous fixer des objectifs impossibles (que vous laisserez tomber, en moyenne, quelques jours plus tard!), en vous disant que ce sont les événements qui ont causé cet abandon. À moins que vous ne soyez emprisonné dans une routine qui draine votre énergie ou qui nuit à votre intégrité, j’aimerais me permettre de vous mettre au défi d’essayer une toute nouvelle approche cette année.

Finis les objectifs fixés dans le vide

Fixez-vous plutôt des objectifs atteignables et significatifs que vous serez déterminé à atteindre. En effet, lorsque j’utilise l’expression « inarrêtable », cela signifie que vous serez prêt à surmonter les obstacles qui se présenteront à vous, que vous ferez tout en votre possible pour atteindre vos objectifs.

Finies les excuses

Finie l’excuse « Je ne peux pas parce que je suis atteint du TDAH ». Vous devez plutôt comprendre que votre distractivité causée par le TDAH est en fait l’instigatrice de votre génie créatif. Utilisez-la de concert avec les forces qui vous sont uniques, avec la passion qui vous anime, ainsi qu’avec votre énergie incessante afin de pouvoir surmonter les  » obstacles  » (qui ne sont en fait que des situations qui doivent être abordées d’une façon différente… avec une solution qui se trouve à la portée de vos doigts) que votre TDAH peut générer.

Finies les excuses du type « Je ne dispose pas de l’équipement, des outils ou de l’argent nécessaires ». Commencez plutôt avec ce qui se trouve à votre disposition, puis mettez en place des systèmes qui vous permettront de tirer avantage de ce que vous avez, et ce, afin de pouvoir accumuler, avec le temps, ce dont vous avez besoin pour réussir.

Finie l’excuse « Je n’ai pas le temps ». Grugez plutôt dans le nombre d’heures que vous passez à regarder la télévision ou à jouer à des jeux vidéo. Une fois que vous aurez épuisé ces possibilités, je vous suggère de découvrir de nouvelles stratégies conçues pour les génies créatifs, qui vous permettront de doubler, voire tripler votre productivité.

Finie l’excuse « Je ne peux le faire puisque je ne sais pas comment le faire ». Mettez plutôt en pratique les choses que vous connaissez, puis trouvez un livre, un cours, un coach ou un mentor qui saura vous épauler dans l’apprentissage qui vous permettra de passer à l’étape suivante. Ensuite, répétez le processus.

Ne laissez jamais la peur vous arrêter

Finie la phrase « Ils vont rire de moi ». Vous pouvez supporter des rires.

Finie la phrase «Ils vont détester ça ». Il y aura toujours quelqu’un, quelque part, qui aimera votre idée.

Finie la phrase « Si je réussis, ils ne m’aimeront plus ». Les vrais amis veulent votre réussite. Trouvez un moyen plus simple d’y arriver. Agissez comme quelqu’un qui s’en va dans la bonne direction, agissez pour connaître la réussite et ne laissez jamais les opposants se mettre en travers de votre chemin. Ainsi, vous attirerez à vous les personnes que vous recherchez.

Bref, prenez la résolution d’affronter vos peurs. La récompense sera beaucoup plus gratifiante que l’inconfort temporaire que vous ressentirez. Vous découvrirez alors que c’étaient plutôt vos craintes (et non vos objectifs) qui étaient déraisonnables, et que vous êtes en mesure de gérer tout ce qui se présentera sur votre chemin. Après tout, vous n’êtes pas le genre de personne à fuir les opportunités ou les défis, n’est-ce pas? Non, cette année, c’est décidé, rien ne pourra vous arrêter!

Je ME lance ce défi, et vous invite à faire

Cette année, soyez « inarrêtable ». Peu importent les événements, peu importe ce que les autres peuvent penser ou dire de vous, peu importent les excuses, peu importent vos craintes… rien ne vous arrêtera! Vous devez trouver un moyen de surmonter ces obstacles. Au bout du compte, non seulement atteindrez-vous vos objectifs , mais vous en ressortirez également plus fort et plus confiant. Vous serez ainsi capable d’accomplir encore plus l’année prochaine!

Je déclare que cette année sera celle où rien ne pourra m’arrêter! Allez, foncez avec moi!

Vos intentions cachées

Nous sommes tous engagés. C’est pour cette raison que l’on est souvent surpris (et furieux envers nous-mêmes) quand on ne respecte pas une promesse.

Une de mes clientes, entrepreneure obsédée du travail et atteinte du TDAH (en existe-t-il d’autres types?), s’est engagée à passer plus de temps avec ses enfants. C’est important pour elle et pour sa famille. Elle a la ferme intention de quitter le travail chaque jour à 17 H 30. Pourtant, elle ne respecte pas encore son engagement. Elle continue de travailler tard, parfois après 18 h 30 ou même 19 h.

Un autre client, celui-ci étudiant à l’université, doit se réserver du temps pour la recherche et la rédaction d’une dissertation. S’il n’obtient pas une note excellente pour ce travail, il échouera à son cours. Il est déterminé à réussir ses études universitaires. Pourtant, il offre plutôt d’aider un ami à déménager durant la fin de semaine, utilisant ainsi une grande partie du temps qu’il avait pour préparer sa dissertation.

Un autre client avec TDAH cherche désespérément un emploi. Il prévoit contacter des employeurs potentiels, mais il passe plutôt ses journées à parler au téléphone avec sa copine, à regarder la télévision et à faire d’autres activités qui ne sont pas prioritaires. Il est déterminé à se trouver un emploi et il est certainement déterminé à payer ses comptes!

Devriez-vous être déterminé?

Dans les cas précédents, mes clients sont-ils simplement de mauvaises personnes? Non! Y a-t-il quelque chose qui cloche avec eux? Non! Mentent-ils à propos de leur détermination? Non! Alors, quel est le problème?

En discutant avec eux durant leurs séances, j’étais certaine que chacun d’entre eux était déterminé à réaliser les projets que nous avions identifiés comme étant leurs priorités. Ils avaient tous un plan et la volonté de réussir. Ils auraient dû y arriver sans difficulté, mais…

On considère souvent les  » intentions cachées  » comme étant quelque chose de négatif, un objectif sous-jacent et sournois poursuivi aux dépens d’une personne peu méfiante. Par contre, dans les exemples cités ci-haut, chaque personne est à la fois l’auteur et la victime de ses propres intentions cachées. Ils avaient tous un objectif sous-jacent qui est demeuré caché, un objectif dont ils ne soupçonnaient même pas l’existence et qui leur a fait perdre de vue leurs véritables priorités.

Nous avons tous des intentions cachées, des promesses faites à nous-mêmes, habituellement en réponse à des événements troublants survenus durant notre enfance et ces intentions influencent nos actions quotidiennes. Ces intentions sont présentes depuis si longtemps que vous ne pouvez même plus les reconnaître, du moins, jusqu’à ce qu’elles resurgissent pour bouleverser nos priorités.

Notre entrepreneure est divorcée et craint plus que tout de se retrouver sans le sou. Ses intentions cachées sont d’assurer sa sécurité et celle de ses enfants, coûte que coûte. L’étudiant a peur de ne pas avoir d’amis. Ainsi, l’intention cachée qui l’incite à être serviable afin que les gens l’apprécient domine sa vie sans qu’il s’en rende compte. Comme bon nombre d’entre nous, notre chercheur d’emploi a peur du rejet. Son intention cachée est donc  » éviter d’être rejeté « , ce qui l’empêche de prendre le risque de demander un emploi, ou même une entrevue.

Quelles sont vos intentions cachées? Refusez-vous de prendre le risque d’avoir l’air ridicule, de déranger les autres ou de perdre le contrôle? Peut-être essayez-vous constamment de réduire les risques, coûte que coûte?

Dans votre passé, vous avez développé la croyance que des conséquences terribles surviendraient si vous ne travaillez pas assez, vous n’offrez pas votre aide à qui le demande, vous ne faites pas les choses à la perfection, ou si vous demandez quelque chose à quelqu’un, vous essayez des choses nouvelles, etc. Il y a plus d’intentions cachées que de personnes (certains d’entre nous semblent les collectionner!).

Quelle est votre intention cachée?

Chacun de nos héros est victime de ses propres intentions cachées. Laquelle fait de vous sa victime innocente? Accepter tous les projets que l’on vous propose afin d’éviter une éventuelle ruine est-il devenu une plus grande priorité pour vous que de passer du temps avec vos enfants? Êtes-vous plus déterminé à  » être un bon ami  » que lorsqu’il est question d’avoir de bonnes notes? Ou bien êtes-vous plus déterminé à éviter le ridicule en n’essayant jamais ce qui est nouveau ou risqué, afin de ne jamais commettre d’erreur, que vous n’êtes déterminé à quitter un emploi que vous détestez pour tenter de réussir dans une nouvelle carrière?

La bonne nouvelle est qu’une fois conscient de vos intentions cachées, vous pouvez commencer à contrer les effets clandestins qu’elles ont sur votre vie. Il est tout à fait normal pour les humains de développer ces mécanismes de défense afin de se protéger du danger. Toutefois, nous mettons les mêmes mécanismes en place, que le danger soit réel ou imaginaire. Lorsque vous aurez reconnu le mécanisme de défense, vous pourrez réévaluer le danger  » perçu  » et ainsi découvrir votre intention  » cachée « . Une fois que vous aurez trouvé l’intention cachée, libre à vous de décider si elle a sa raison d’être.

Comment mettre ces conseils en pratique?

    1. Premièrement, portez une attention particulière à la façon dont vos intentions cachées mènent votre vie. Imaginez tout ce que vous pourriez accomplir si seulement vous n’aviez pas ces intentions cachées pour vous rappeler tous les  » horribles dangers  » qui vous guettent. Qu’y a-t-il de plus important pour vous que les priorités que vous vous êtes fixées dans un moment de panique relativement à un danger imaginaire ou réel (mais qui n’est plus pertinent)? Que faites-vous ou ne faites-vous pas en raison de ces intentions cachées?

 

    1. D’où proviennent vos craintes (pensez à une situation ou à un événement dans votre enfance)? Quel est l’historique de cette crainte? De quelle façon vous a-t-elle été bénéfique à l’époque? Bien qu’elle ait été un moyen astucieux de gérer les situations difficiles, vous sert-elle toujours?

 

    1. D’après vous, que se produira-t-il quand vous déciderez de ne plus laisser vos intentions cachées mener votre vie? Cherchez des preuves qu’elles ne sont pas réelles. Observez le comportement d’autres personnes, des gens qui semblent vivre sans craindre les conséquences que vous redoutez. Pensez aux occasions où vous n’avez pas agi selon vos intentions cachées; ça n’était pas la fin du monde! Si vous ne pouvez en trouver, commencez à mettre à l’épreuve la validité de ces intentions. Essayez d’abord de les mettre à l’épreuve de façon prudente et progressez ensuite vers des tests plus risqués.

 

Qui êtes-vous pour ne pas mériter de réussir?

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Comme Nelson Mandela l’a déjà dit : « Aucun de nous, en « jouant le petit jeu », ne peut connaître le succès. Qui êtes-vous pour ne pas mériter de réussir? »

En lisant ces mots, je constate qu’il m’arrive parfois de « jouer le petit jeu » et de ne pas me permettre d’être aussi gagnante que je pourrais l’être. Que signifie « jouer le petit jeu »? Cette expression se définit plus facilement si on se penche sur son opposé : « jouer le grand jeu ».

À mes yeux, « jouer le grand jeu » signifie développer mes forces afin que mon développement personnel, ce que j’apporte au monde, transforme mon univers de façon positive. Cela signifie de faire bon usage de mes forces, de mon empathie, de ma passion et de ma connexité afin d’aider une communauté d’adultes atteints du TDAH non pas qu’à enrayer leurs problèmes d’inattention, de procrastination, de désorganisation ou tout autre défi qu’apporte le TDAH, mais plutôt d’aller au-delà de ces problèmes, soit en les surpassant afin qu’ils puissent mettre à profit les forces que la nature leur a données afin qu’ils puissent, à leur tour, changer le monde de façon positive. Cela signifie également de réussir financièrement afin que je puisse continuer mon développement personnel et ainsi être un modèle pour les autres.

Aider mes clients à « jouer le grand jeu » signifie également ne pas accepter leurs excuses pour avoir « joué petit  » ou, pire encore, pour ne pas avoir « joué » du tout. « Jouer le grand jeu » signifie que vous devez aussi vaincre votre peur de l’échec… ou du succès… et ne permettre à rien ni personne de vous arrêter… pas même le TDAH, l’argent, la crainte… Rien!

Dernièrement, « jouez-vous un petit jeu »? Quels sont les éléments qui vous permettront de passer à « jouer le grand jeu »? Car, après tout…

Qui êtes-vous pour ne pas mériter de réussir?