Au bout du rouleau? Je ne suis pas surprise, et vous ne devriez pas l’être non plus!

Il y a quelques années, j’ai connu une forte augmentation de ma clientèle. En seulement un mois et demi, j’ai accueilli sept nouveaux clients. De ces sept clients, six m’ont confié qu’ils étaient en arrêt de travail pour cause d’épuisement professionnel! L’un de ces clients était en arrêt de travail pour la troisième fois en raison d’un épuisement professionnel et, croyant qu’il pouvait y avoir une autre cause à cette condition, il a mené ses propres recherches pour découvrir que, depuis tout ce temps, il souffrait de trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH).

J’ai instantanément été intriguée par cette coïncidence. J’ai alors commencé à éplucher mes dossiers afin de déterminer combien de mes clients, actuels et passés, m’avaient mentionné avoir souffert d’épuisement professionnel à un certain moment au cours de leur vie. J’ai été sidérée de découvrir que plus de la moitié de mes clients, soit 54 % d’entre eux, avaient été, à un moment ou un autre, en arrêt de travail pour épuisement professionnel, dépression ou troubles de santé causés par le stress. Certains de ces clients avaient même été en arrêt de travail à plusieurs reprises en raison du stress.

manque de concentrationJ’ai ainsi approfondi mes recherches au sujet de ce qui avait été écrit à ce propos, et j’ai découvert une étude qui avait été menée auprès d’un groupe de personnes ayant été en congé de maladie prolongé pour cause d’épuisement professionnel ou de problèmes de santé reliés au stress. Ce qu’ils ont découvert m’a stupéfiée : parmi ce bassin de 62 adultes, ils ont découvert que 24 % d’entre eux souffraient de TDAH et que 56 % d’entre eux répondaient aux critères du TDAH, mais les résultats de cette étude n’ont pas été considérés comme concluants en raison de facteurs de confusion.

Lorsque l’on considère que l’incidence du TDAH adulte au sein de la population en général est de 4 à 8 %, cela indique qu’il y a un risque accru pour les adultes atteints du TDAH, et qu’ils sont de trois à six fois plus susceptibles de vivre un épuisement professionnel ou d’avoir des problèmes de santé reliés au stress.
Souhaitant avoir une meilleure compréhension des mécanismes de l’épuisement professionnel, j’ai commencé à effectuer des recherches plus intensément. Bien qu’il n’y ait pas de réel diagnostic de « l’épuisement professionnel », nous comprenons qu’il s’agit d’un épuisement causé par des périodes prolongées de stress. Plus j’en apprenais sur le sujet, plus je réalisais que l’épuisement professionnel relié au TDAH était relativement différent des cas d’épuisement professionnel neurotypiques ou « présentés dans les livres ».

L’épuisement professionnel relié au TDAH et l’épuisement professionnel « présenté dans les livres »

Il y a une cause ou une raison sous-jacente pour laquelle l’épuisement professionnel diffère entre les deux groupes. Les neurotypiques (personnes n’étant pas atteintes du TDAH) souffrant régulièrement d’épuisement professionnel se retrouvent dans cet état parce qu’elles cherchent à se prouver qu’elles sont capables. Ces personnes (ou les personnes de leur entourage) ont des attentes élevées et cherchent à en faire toujours plus afin de se faire remarquer. Les adultes atteints du TDAH souffrent d’épuisement professionnel en raison du stress causé par la crainte de perdre leur emploi. Ils travaillent avec plus d’ardeur ainsi que de nombreuses heures afin de rattraper tout le travail accumulé, car ils ont l’impression d’être improductifs. Ils essaient de se racheter pour leur manque de productivité et cherchent à camoufler la honte qu’ils ressentent en raison de leur incapacité à accomplir leur charge de travail.

Le simple fait de négliger vos besoins peut aggraver l’épuisement professionnel. Ces deux groupes (les neurotypiques et les adultes atteints du TDAH) négligent leurs besoins, mais pour différentes raisons. Alors que les adultes atteints du TDAH mettent de côté les heures de sommeil, mettent de côté l’exercice et travaillent pendant l’heure de lunch et tard le soir pour tenter de garder la tête hors de l’eau afin de répondre à toutes les demandes « normales » relatives à leur emploi, les neurotypiques, eux, font la même chose, car ils choisissent d’utiliser ce temps pour travailler sur davantage de projets afin d’obtenir plus de visibilité.

Une autre différence existant entre les deux groupes est que l’épuisement professionnel chez les travailleurs atteints du TDAH provient de leurs troubles cognitifs tels que leur manque de concentration, leur problème de mémoire à court terme et leur difficulté à contrôler leurs émotions, tandis que l’épuisement professionnel des travailleurs neurotypiques est causé par leur exposition prolongée au stress et la réduction des moments de repos. Pour les adultes atteints du TDAH, les troubles cognitifs sont typiquement reliés aux symptômes de leur TDAH (symptômes qui sont empirés par le stress), qui est à la source de leur épuisement professionnel. Par ailleurs, ces symptômes demeurent, et ce, même après de longues périodes de repos, alors un deuxième ou un troisième épisode d’épuisement professionnel s’avère presque inévitable, à moins que des changements importants soient apportés afin que la source de l’épuisement professionnel ne soit traitée.

Reconnaître la source de l’épuisement professionnel est un prérequis pour obtenir le bon traitement

Il est vrai que, dans chaque cas d’épuisement professionnel, il faut du repos afin de réduire les effets d’une exposition prolongée au stress. Toutefois, pour les adultes atteints du TDAH, le traitement nécessite également de « s’attaquer » à la cause sous-jacente de l’épuisement professionnel et apprenant à gérer les symptômes du TDAH. L’objectif est de réduire le nombre de troubles causés par le TDAH, et ainsi d’aider les adultes atteints du TDAH à améliorer leur rendement au travail. Une des façons les plus significatives d’améliorer la concentration et la productivité d’un adulte atteint du TDAH souffrant d’épuisement professionnel est d’apprendre des stratégies de gestion de temps et d’énergie, ainsi que des stratégies d’organisation conçues pour les adultes atteints du TDAH. Aider les employés atteints du TDAH à reconnaître les signes d’un trop-plein de stress et les aider à établir un plan d’action pour leur permettre de réagir de façon efficace est essentiel à la prévention d’épuisements professionnels futurs.

Finalement, en plus du repos, les victimes d’épuisement professionnel profitent pleinement « d’activités de récupération », notamment l’amélioration de l’hygiène de la santé (sommeil, exercice et alimentation), communiquer avec les membres de la famille et les amis, et participer à des activités créatives. Ces activités aident à réduire les effets du stress et ramènent le niveau de stress à un niveau plus facile à contrôler.

Dans la société d’aujourd’hui, il est vraisemblablement impossible d’éliminer le stress pouvant nous mener à l’épuisement professionnel. Toutefois, nous pouvons apprendre à gérer le stress de façon efficace en reconnaissant les causes sous-jacentes réelles de l’épuisement professionnel relié au TDAH afin de pouvoir traiter le problème à la source.

Inscrivez-vous à mon programme gratuit, spécifiquement pour les adultes atteints du TDAH pour vous aider à éviter un burnout.

Comment surmonter votre TDAH adulte

Oh là là! Ces derniers mois ont été excitants! Le 30 janvier dernier, j’ai lancé un concours pour trouver un nom à mon nouveau programme de « gains rapides » pour les adultes atteints du TDAH. J’ai développé ce programme d’après une idée que j’ai eue lorsqu’une de mes clientes participant à une conférence de l’ADDA, il y a quelques années, m’a dit, alors qu’elle regardait les livres offerts à la librairie : « J’ai déjà lu tellement de choses au sujet du TDAH, mais je n’ai jamais réussi à mettre ces informations en pratique. Ce dont j’ai besoin, c’est quelque chose qui me permettra d’avancer à petits pas, afin que je puisse intégrer un peu de ces conseils chaque semaine. »

Avec les années, j’ai développé plusieurs programmes en ligne qui ont apporté des avantages réels, mesurables et pratiques pour plusieurs personnes atteintes du TDAH. J’ai créé un système qui leur transmet de l’information au compte-gouttes, une étape à la fois, et qui leur permet d’avoir accès à l’information en tout temps. Les gens perdent toujours leurs courriels, les classent mal, les suppriment par accident ou les égarent dans la mer de courriels qu’ils reçoivent chaque jour. Avec notre système, cela ne se produit pas. Nous avons persévéré afin de perfectionner notre approche d’offre de formations, et nous avons trouvé d’excellentes solutions pour améliorer notre approche auprès des adultes atteints du TDAH. C’est de là qu’est partie l’idée du programme « gains rapides ».

Qu’est-ce que ce programme de « gains rapide »

Notre plateforme nous permet d’offrir des « gains rapides » en vous aidant à compléter une leçon à la fois, en plus de la réussir. Si vous vous inscrivez au programme, vous recevrez, une fois par semaine, un courriel qui vous invitera à visiter votre propre portail du membre, où votre nouvelle leçon vous attendra. La différence entre ces leçons et tout ce que vous aurez appris auparavant est que ces leçons vous donneront des parcelles d’informations ainsi qu’UNE SEULE petite étape (une ACTION) à franchir au cours de la semaine afin de vous rapprocher d’une vie meilleure.

Les petits pas nous permettent, à tous, d’acquérir de nouvelles aptitudes ou de changer des comportements. Des études ont démontré que lorsque vous faites de petits pas qui vous font évoluer de façon significative, vous êtes plus susceptible de poursuivre sur votre lancée. Et c’est parce que vous « gagnez ». Vous réussissez, vous bâtissez votre confiance, et vous êtes encouragé et motivé à l’idée d’entreprendre la prochaine étape.

C’est lorsque vous tentez de faire des pas de géant, qui vous transportent hors de votre zone de confort, que vous éprouvez des difficultés. Ces changements sont si drastiques et si difficiles que vous retournez inévitablement à vos anciennes habitudes, puis vous recommencez à éprouver des difficultés ou tentez de nouvelles choses, puisque vous avez vécu une expérience difficile. Si vous devenez membre, chaque semaine, pendant les trois prochains mois, vous recevrez une leçon qui portera sur une nouvelle petite étape qui vous permettra de mieux vivre avec votre TDAH.

Trois mois, ce n’est pas un engagement très long. Nous l’avons fait intentionnellement. Vous pouvez prendre la décision de vous engager pendant trois mois et de le faire pour vous, pour votre conjoint, pour votre famille. Ce qu’il y a de génial, c’est que bien que trois mois représentent une courte période, c’est une période suffisamment longue pour vous permettre d’améliorer votre vie de façon importante si vous mettez en application les conseils qui vous seront prodigués.

Trois mois, c’est juste parfait. C’est le chemin que Boucles d’Or choisirait… pas trop long, pas trop court, juste parfait! Si vous êtes déterminé à transformer votre vie une étape à la fois, je vous invite à vous joindre à nous GRATUITEMENT.

Maintenant, le concours!

annonce-du-concours-tdahMais malheureusement, je ne pouvais retenir qu’un nom. Et le nom est… roulement de tambour…

Petits pas, grands résultats et le nom du gagnant du Fitbit Flex ou du crédit de 119$ sur un de mes programme est… Mélissa M.

Une autre personne a offert un nom très similaire et se méritera un crédit de 50$ sur un de mes programmes en ligne. Cette personne est Sonia R.

Si vous êtes une des gagnantes, veuillez communiquer avec moi immédiatement. Jetez un œil aux site du Fitbit Flex et faites-moi savoir la taille de votre poignet afin que je puisse vous faire parvenir votre tout nouveau Fitbit Flex.

Si vous n’avez pas gagné, je tiens à vous remercier de votre participation. Il faut un groupe de participants pour faire d’un concours une réussite, et un lancement réussi. Vous m’avez tous aidée à rendre cette expérience amusante et excitante.  Merci beaucoup!

Votre invitation à vous inscrire gratuitement

Maintenant, je vous invite tous et toutes à vous inscrire gratuitement au programme Petits pas, grands résultats, le programme pour surmonter son TDAH une étape à la fois.

 

Ma mémoire de travail fait-elle la grève?

TimeManagementReminderSur ma page Facebook, une de mes lectrices m’a posé une excellente question qui, je crois, mérite d’être explorée plus à fond.  Elle me demandait pourquoi elle était capable de se rappeler les petits détails d’un événement qui a eu lieu il y a plusieurs années, alors qu’elle ne pouvait se souvenir de ce qu’elle avait accompli il y a une heure.  Les problèmes de mémoire chez les personnes atteintes du TDAH ne constituent pas un symptôme dont on discute souvent, mais ils ont des répercussions importantes.

Plus de vingt recherches cliniques objectives portant sur le déficit de l’attention (TDAH) ont démontré des différences dans le volume du cortex préfrontal et du cortex cingulaire chez les personnes atteintes du TDAH, comparativement à celles qui n’en sont pas atteintes.  Ces deux structures sont responsables des fonctions exécutives.  Les fonctions exécutives sont responsables de plusieurs processus cognitifs de haut niveau dont la planification, l’organisation, l’élaboration de stratégies, la concentration, la gestion du temps, des projets et des émotions, l’activation et la mémoire de travail.

Si j’oublie, est-ce toujours dû à ma mémoire?

Deux de ces processus peuvent jouer un rôle important lorsqu’on est une personne atteinte du TDAH et qu’on oublie. Par exemple, si vous n’êtes pas attentif lorsque vous déposez vos clés, aucune information ne sera stockée, et vous aurez donc du mal à les retrouver, ce qui peut donner l’impression que vous avez un problème de mémoire, alors que le problème en est plutôt un d’inattention.  Les véritables problèmes de mémoire chez les personnes atteintes du déficit de l’attention sont issus des difficultés au niveau de la mémoire de travail.

Le lexique de Psychomédia décrit la mémoire de travail comme suit : « La mémoire de travail est la capacité de retenir des informations à court terme, quelques secondes ou quelques minutes, pour réaliser des opérations cognitives (mentales) sur ces informations telles que signaler un numéro de téléphone et effectuer un calcul mental. »  Donc, lorsque votre conjoint(e) vous demande de compléter une tâche et que vous acceptez volontiers de la faire, mais qu’en route pour amorcer cette tâche, le téléphone sonne ou vous avez une idée intéressante qui attire votre attention, bref, vous êtes distrait, et si votre mémoire de travail est faible, comme c’est le cas chez les adultes atteints du TDAH, la tâche que vous avez promis de faire est oubliée, ce qui peut occasionner de gros problèmes.

Pourquoi se souvient-on mieux de certains événements et pas d’autres?

Les chercheurs ont relevé certains facteurs qui influencent votre capacité à vous souvenir de certains événements :

  1. Le degré d’attention que vous avez porté.
  2. L’intérêt que vous avez envers le sujet. Bien sûr, plus le sujet vous intéresse, vous passionne ou vous est nécessaire, plus vous serez motivé à mettre l’effort nécessaire pour y prêter attention et vous en souvenir.
  3. Votre état émotionnel lors de l’événement. Mon conjoint atteint du TDAH avait autrefois tendance à me rappeler des situations explosives que nous avions eues il y avait cinq ou six ans.  Pour lui, l’événement était si frais à sa mémoire qu’il pouvait me dire où la dispute avait eu lieu et ce que je portais, et me citer, alors qu’il ne se rappelait pas une faveur que je lui avais demandée quelques minutes plus tôt.  Ces situations étant très émotionnelles, elles arrivaient à passer à la mémoire à long terme plus facilement.
  4. Le contexte sensoriel entourant l’événement ou l’information. Nous avons de meilleurs souvenirs de situation lorsque notre sens de l’odorat, du goûter, de la vue, de l’ouïe ou du toucher a été vivement sollicité.  C’est la raison pour laquelle vous vous souvenez vivement du restaurant où vous avez goûté un repas avec un goût exceptionnel ou affreux. Les sons, les odeurs, le goût, l’aspect visuel et le contexte peuvent servir pour vous aider à vous souvenir d’un événement passé.

Comment gérer ma faible mémoire de travail?

Maintenant que vous en connaissez plus sur la mémoire, il est important de reconnaître que la mémoire de travail est souvent défectueuse chez les personnes atteintes du TDAH, puis de développer des stratégies pour y remédier.

  1. Évitez de vous y fier pour des informations importantes. Ayez un cahier de notes ou une application comme Evernote sur votre téléphone pour capter l’information perçue dont vous devez vous souvenir.
  2. Ayez un système pour faire un retour sur vos notes. Vous pourriez inscrire dans votre calendrier quelques périodes dans la journée où vous révisez les notes que vous avez prises et prenez des décisions pour déterminer comment vous allez les traiter. Devez-vous vous donner rendez-vous pour accomplir une tâche? Y a-t-il de l’information à capter pour un projet? Utilisez des alertes dans votre calendrier pour vous en souvenir plus tard.
  3. Apprenez à transmettre les informations pertinentes dans votre mémoire à long terme par la répétition ou en faisant appel à plusieurs sens pour vous en souvenir.
  4. Créez des systèmes comme des habitudes et des routines pour éviter d’oublier les tâches importantes de votre vie. De cette façon, c’est un système et non votre faible mémoire qui vous le rappelle.

Une bonne ressource pour en savoir plus sur la mémoire :  http://lecerveau.mcgill.ca/flash/a/a_07/a_07_p/a_07_p_tra/a_07_p_tra.html

Votre plan d’action TDAH pour vivre votre meilleure année

Le début d’une nouvelle année est souvent rempli d’espoir : on souhaite vivre un renouveau et obtenir de meilleurs résultats que l’année précédente. Plusieurs personnes réévalueront leurs objectifs afin de préparer un nouveau plan d’action ou de prendre des résolutions pour la nouvelle année. D’autres personnes (peut-être vous) ont perdu tout espoir et sont convaincues que cette année ne sera pas différente des autres. Bien que vous ayez le désir et la motivation d’apporter des changements – après tout, si vous vivez avec le TDAH, vous êtes confronté à plusieurs problèmes quotidiens que vous aimeriez probablement régler – vous avez appris à la dure que vous auriez peut-être intérêt à éviter de vous fixer des objectifs et de prendre des résolutions pour la nouvelle année.

Après tout, le suivi de vos réalisations s’est avéré plutôt désastreux et vous vous sentez incapable (ou vous ne voulez pas) de gérer les sentiments de déception et de culpabilité que vous ressentez lorsque les choses ne vont pas comme prévu. Il est vrai qu’une des meilleures façons d’éviter les échecs est de ne pas essayer, mais malheureusement, si vous voulez que votre situation change, vous devez changer votre façon de faire. Ce changement exige que vous développiez une intention de changer – c’est à ce moment que vos objectifs et vos résolutions entreront en jeu – mais cela nécessite également des efforts et un plan d’action, et c’est à ce moment que les choses tournent habituellement mal pour les adultes atteints du TDAH. Toutefois, il y a une autre solution.

Comment passer une meilleure année sans se fixer des objectifs?

Si l’idée de vous fixer des objectifs vous effraie, il existe une approche plus simple, mais tout aussi efficace. Développez de nouvelles habitudes qui manifestent les changements souhaités dans votre vie. Nous avons tous déjà entendu dire qu’un voyage de 1000 kilomètres commence toujours par un premier pas, mais il y a une vérité cachée encore plus importante. Un voyage de 1000 kilomètres, ou même de 10 000 kilomètres, est entièrement constitué de pas distincts! Atteindre des objectifs à long terme est extrêmement gratifiant et, ultimement, beaucoup plus efficace que si vous utilisiez des méthodes traditionnelles.

Votre plan d’action en six étapes pour développer une nouvelle habitude

Voici quelques étapes qui vous aideront à développer une nouvelle habitude :

1) Quels résultats souhaitez-vous obtenir? Souhaitez-vous être en meilleure forme physique? Être plus organisé? Être plus ponctuel? Avoir plus de concentration? Être moins désorganisé? Avoir de meilleures relations interpersonnelles? Les options sont infinies. Choisissez un objectif qui compte réellement à vos yeux. Une fois que vous aurez maîtrisé le processus de développer de nouvelles habitudes, vous serez capable d’être en contrôle de tous les aspects de votre vie. Toutefois, choisissez un seul objectif pour vous pratiquer.

2) Quelles sont les petites actions constantes qui vous permettraient de vous rapprocher des résultats souhaités? Plusieurs personnes souhaitent perdre du poids ou être en meilleure forme physique.   Elles s’abonnent à un gym, achètent de l’équipement pour faire de l’exercice et ne mangent que des salades. Après seulement trois semaines, elles sont épuisées et en ont assez! Si vous souhaitez être en meilleure forme physique, commencez par une petite étape. Au travail, prenez l’habitude de toujours prendre les escaliers plutôt que de prendre l’ascenseur.

Si vous souhaitez être davantage organisé, ne commencez pas par faire le grand ménage de votre maison. Prenez l’habitude de faire votre lit tous les matins avant de quitter la maison. Vous aurez immédiatement l’impression d’être plus organisé, et cette impression se fera tranquillement ressentir dans toutes les autres sphères de votre vie. Une fois que vous aurez pris l’habitude de faire votre lit tous les matins, au point où ce sera devenu un automatisme, ajoutez une nouvelle habitude, telle que laver votre vaisselle tout de suite après l’avoir utilisée.

Chaque grand changement dans votre vie doit commencer par une première étape, une nouvelle habitude. Si vous souhaitez arriver à l’heure au travail, commencez par prendre l’habitude de préparer vos vêtements et votre lunch la veille. Si vous souhaitez améliorer votre concentration, développer une habitude qui vous aidera à mieux dormir. Si vous souhaitez améliorer vos relations interpersonnelles, prenez l’habitude d’écouter les autres plutôt que de les interrompre.

Il se peut que vous deviez diviser certains changements en plus petites étapes afin d’avancer, surtout si vous n’avez jamais réussi à développer et garder une habitude. (Vous avez déjà certaines habitudes : combien de fois vous arrive-t-il d’oublier de vous habiller avant de quitter la maison? Vous habiller est une habitude!) Analysez les actions que vous devez prendre. Par exemple, quelles sont les étapes qui pourraient vous aider à mieux dormir? Vous dormiriez mieux si vous éteigniez votre ordinateur au moins deux heures avant d’aller au lit. C’est également une bonne idée de tamiser les lumières après le souper. Ne posez pas tous ces gestes en même temps, mais prenez l’habitude d’en poser un premier, puis un autre et ainsi de suite et, avant longtemps, vous aurez de bien meilleures nuits de sommeil.

3) Améliorez vos chances. Au début, vous ne serez pas capable de vous rappeler automatiquement ce que vous devez faire, puisque ce ne sera pas encore une habitude! Prévoyez des rappels visuels ou sonores. Trouvez un ami qui s’efforce également de développer de nouvelles habitudes et encouragez-vous mutuellement. Faites-en un jeu. Ancrez votre nouvelle habitude à une habitude que vous avez déjà. Par exemple, lorsque je voulais rédiger mon premier programme pour les adultes atteints du TDAH, « Prenez le contrôle de votre énergie » (qui s’appelle maintenant Vibrez!), j’ai réussi à ancrer ma nouvelle habitude d’écrire tous les matins en plaçant un crayon et une feuille du papier à l’endroit où je m’assoyais pour déjeuner. C’est une habitude que j’ai conservée depuis un certain temps, et qui m’a aidée à mettre sur pied plusieurs programmes pour les adultes atteints du TDAH, et ce, une étape à la fois!

4) Déterminez la façon dont vous ferez le suivi de vos progrès. Même après avoir répété une même action pendant ce qui semble une éternité, les adultes atteints du TDAH oublient souvent les habitudes qu’ils ont développées. Vous êtes distrait. Toutefois, si vous prenez également l’habitude d’utiliser un logiciel de suivi tel qu’HabitBull, ou encore une fiche de suivi, cela vous aidera à garder votre motivation, surtout si vous vous récompensez au fur et à mesure que vous progressez, et ainsi, vous n’oublierez pas de maintenir les habitudes que vous avez instaurées.

5) Célébrez votre progrès. Vous devez stimuler la partie hédoniste de votre cerveau (l’hémisphère droit) en associant le changement à une expérience positive. Ayez du plaisir à développer de nouvelles habitudes; cela ne doit pas être ennuyant. Vous aurez ainsi beaucoup plus de facilité à persévérer et à faciliter les futurs changements.

6) Acceptez les oublis occasionnels. Il faut environ 66 jours pour développer une habitude – et ce n’est qu’une moyenne – mais plus longtemps vous la maintiendrez, plus elle sera fermement ancrée. Recherchez la constance, mais si vous oubliez une journée, ne vous laissez pas assaillir par un sentiment de culpabilité ou de déception, et reprenez votre habitude. Dites-vous que vous êtes humain. Même si vous échouez une journée, cela ne signifie pas que vous avez tout perdu. Toutefois, nous tendons à percevoir les oublis comme des échecs, et nous faisons en sorte que cela s’avère véridique. Si vous mangez un biscuit alors que vous êtes au régime, vous pouvez revenir sur le droit chemin en n’en mangeant pas un autre, mais plusieurs personnes voient cela comme un échec et se disent : « Bon, j’ai triché. Je suis un tricheur! Je ferais aussi bien de manger le reste du sac! » Et c’est à ce moment que les problèmes commencent. Aucun oubli ou aucun égarement ne mérite un échec cuisant. Si vous levez des poids chaque jour, mais que vous sautez une journée, cela ne signifie pas que vous deviez tout reprendre du début le jour suivant. Il en va de même avec les habitudes.

N’oubliez pas : commencez par un petit changement simple et développez une nouvelle habitude à la fois. Commencez avec cela. Et faites-nous part de votre nouvelle habitude dans la section « Commentaires »!

Les adultes atteints du TDAH sont plus vulnérables aux facteurs de stress quotidiens

Cet automne, alors que j’effectuais des recherches en vue d’une présentation que j’allais faire au sujet du TDAH en milieu de travail, dans le cadre de la Partners in Prevention Conference and Tradeshow de Sudbury, j’ai découvert une étude portant sur la façon dont les adultes atteints du TDAH gèrent le stress.

L’étude mesurait le niveau de cortisol (l’hormone du stress) ainsi que le rythme cardiaque de sujets, atteints ou non de TDAH, et leur ont fait remplir un questionnaire afin de mesurer leur niveau de détresse psychologique à plusieurs reprises, notamment avant l’événement, afin de détecter le stress ressenti alors qu’ils anticipaient un événement stressant (le test de stress social Trier qui consiste à faire passer un entretien d’embauche au sujet devant un jury désagréable), pendant un événement stressant, et après que le facteur de stress ait été éliminé.[i]

Vous vous sentez légèrement stressé? Il y a une bonne raison…

Les adultes atteints du TDAH ont démontré et rapporté, de façon importante, davantage de signes de détresse psychologique que les adultes n’étant pas atteints du TDAH. Toutefois, leur niveau de cortisol, qui augmente lors d’une situation de stress, ainsi que leur rythme cardiaque, étaient inférieurs à ceux des adultes n’étant pas atteints du TDAH lorsqu’ils étaient confrontés aux mêmes facteurs de stress. Par ailleurs, les adultes atteints du TDAH avaient besoin de plus de temps pour récupérer des effets de ce stress, et ce, même lorsque le facteur de stress était éliminé.

Oui, c’est très intéressant. Mais qu’est-ce que cela signifie pour vous? Je suis heureuse que vous me posiez la question! 😉

Que pouvez-vous faire?

Cela explique pourquoi, lorsqu’ils sont confrontés à une multitude de facteurs de stress reliés au TDAH (la désorganisation, la difficulté à prendre de décisions, la difficulté à planifier de façon adéquate, etc.), plusieurs de mes clients me révèlent qu’ils ont souffert plusieurs crises psychologiques en raison du stress. Avec le temps, votre vulnérabilité au stress et les vies stressantes que vous vivez peuvent même vous mener à un épuisement professionnel, à de l’angoisse ou à la dépression.

Personne ne souhaite en arriver là, mais que pouvez-vous faire pour l’éviter?

En fait, il y a deux choses que vous pouvez faire

Il y a deux choses que vous pouvez faire. Vous pouvez modifier la façon dont vous réagissez face au stress et vous pouvez réduire le nombre de facteurs de stress dans votre vie. Une combinaison de ces deux solutions vous apportera de meilleurs résultats.

Apprendre à gérer la façon dont vous réagissez face au stress pourra réduire l’intensité des facteurs de stress auxquels vous êtes confronté. Une approche très simple (peut-être même trop simple) à apprendre est la suivante :

  1. Identifier les signaux que votre corps vous envoie lorsque vous commencez à vous sentir stressé.
  2. Prendre plusieurs longues respirations. Chaque respiration réduit la tension que vous ressentez dans votre corps.

L’autre stratégie consiste à réduire le nombre de facteurs de stress dans votre vie. Bien entendu, vous ne pouvez éliminer complètement le stress de votre vie, mais vous avez inévitablement davantage de facteurs de stress dans votre vie que les autres, et ce, en raison de votre TDAH. Apprendre à mieux les gérer vous apportera un certain soulagement.

Il y a quelques années, plus particulièrement lorsque je me préparais pour aller travailler, je me rendais compte que j’avais oublié mes clés. Je regardais dans tous les endroits possibles, mais je ne réussissais pas à les trouver. Mon niveau de stress augmentait, puisque je devais être au travail à l’heure et que j’avais absolument besoin de mes clés. Je demandais à tous les membres de la maisonnée de m’aider à les trouver. Une fois trouvées, je quittais la maison en panique afin d’arriver au travail à l’heure, puis je me sermonnais, car j’avais encore une fois perdu mes clés, et parce que les membres de ma famille avaient connu un très mauvais début de journée par ma faute.

J’ai finalement trouvé une solution à long terme pour ce problème : je fixe maintenant mes clés à mon sac à main, qui est toujours rangé au même endroit dans la maison. Cette toute petite habitude a significativement réduit mon niveau de stress, ainsi que celui de ma famille.

Je sais que vous êtes confrontés à des problèmes beaucoup plus complexes que simplement perdre vos clés. Chaque fois que vous devez prendre une décision, vous augmentez votre niveau de stress. Chaque fois que vous regardez votre « livre » de tâches à faire (vous vous souvenez de l’époque où ce n’était qu’une liste?) et que vous ne savez pas par quel bout commencer, vous ressentez du stress. Votre manque d’organisation (visuel et procédural) augmente votre sentiment de détresse. Une mauvaise planification, entraînant des engagements oubliés ou des retards, est également un facteur de stress important. Rendez-vous à l’évidence : être atteint du TDAH est extrêmement stressant.

Les prochaines étapes :

1) Identifiez les signaux que votre corps vous envoie lorsque vous commencez à vous sentir stressé.

2) Prenez l’habitude de prendre plusieurs longues respirations lorsque vous commencez à ressentir ces signaux.

3) Faites-moi part de votre expérience dans la boîte ci-dessous. Quels sont vos cinq principaux facteurs de stress?

 

[i] Lackschewitz, H., Hüther, G., Kröner-Herwig, B. (2008). Physiological and Psychological Stress Responses in Adults with Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder (ADHD). Psychoneuroendocrinology. 33; 612-624

 

Un bénéfice souvent caché du TDAH au travail

adhd-heroQu’ai-je fait aujourd’hui? Plusieurs de mes clients auprès de qui je fais du coaching ou à qui je donne de la formation en TDAH se posent cette question chaque jour. Malheur! Vous vous êtes posé exactement la même question aujourd’hui.

Ce qu’il y a de plus frustrant, c’est que, ce matin, vous êtes rentré au travail avec la ferme intention de vous attaquer à votre montagne de travail, vous avez travaillé avec acharnement toute la journée, puis vous avez quitté le bureau avec une montagne encore plus imposante de travail à faire! Et, question de verser un peu d’huile sur le feu, vous quittez le bureau deux heures plus tard que prévu. Mais que s’est-il passé?

Vous « souffrez » de CCO

Plusieurs adultes atteints du TDAH ont ce que les scientifiques appellent le « comportement de citoyenneté organisationnelle ». Vous avez accepté d’aider une personne, puis une autre, puis encore une autre, vous avez éteint des feux pour les membres de votre équipe, vous avez « sauvé » la journée de votre patron, puis vous avez donné un coup de pouce à un autre service qui avait de la difficulté à respecter un échéancier, et ce, pendant que votre propre travail ne cessait de s’accumuler. La solution à cette situation semble bien évidente… jusqu’à ce que l’on se penche sur les raisons pour lesquelles vous agissez ainsi.

Une question de reconnaissance

Pourquoi ne laisseriez-vous pas plutôt vos collègues gérer leurs propres tâches et défis afin de vous concentrer sur votre travail? Car le simple fait d’aider vos collègues à résoudre leurs problèmes vous apporte ce petit quelque chose dont vous avez besoin. Tout le monde apprécie de recevoir des accolades et des signes de reconnaissance, mais les adultes atteints du TDAH ont plutôt besoin d’avoir une rétroaction immédiate, ce qui est rarement le cas en milieu de travail. Les commentaires positifs ne sont souvent donnés que lors des évaluations annuelles… Et c’est d’ailleurs dommage que nous ne fassions pas de même avec les commentaires négatifs. Personne ne semble avoir de difficulté à dire sur-le-champ, et souvent bien haut et fort, des commentaires négatifs!

Comment réussir à vous départir de votre costume de superhéros?

Supposons que vous avez décidé de vous consacrer à votre travail plutôt que d’aider vos collègues.  Vous ne serez pas aussi motivé à faire votre propre travail, puisque le simple fait de faire diminuer votre pile de choses à faire ne vous donnera pas l’impression d’avoir « sauvé la journée ». Aucune reconnaissance, et qu’en est-il des rétroactions positives? Si vous êtes chanceux, votre patron aura une bonne mémoire et soulignera votre excellent travail lors de votre prochaine évaluation annuelle, soit dans cinq, six ou douze mois. Ce n’est pas réellement immédiat ni gratifiant, n’est-ce pas?

Trois bonnes façons d’apprendre à vivre avec le CCO

Je ne vous recommande pas de mettre complètement de côté votre costume de superhéros. Après tout, aider vos collègues montre que vous faites preuve de bonne volonté et vous permet de faire appel à eux lorsque vous serez en difficulté, puisque vos collègues se souviendront des nombreuses fois où vous aurez fait une différence dans leur journée. Il se peut également que vous appréciez les autres aspects qu’apporte le CCO, notamment le travail d’équipe et la camaraderie. Toutefois, si vous l’utilisez de la bonne façon, votre CCO pourra également vous aider à créer un meilleur environnement de travail.

  1. Identifiez des façons qui vous permettront d’être plus conscient de ce que vous avez accompli une fois que vous aurez terminé une tâche qui vous a été assignée. Vous pouvez vous donner une rétroaction positive immédiate.
    1. Certains de mes clients se donnent eux-même une tape dans le dos – sans blague! Ils lèvent le bras droit bien au-dessus de leur tête, plient le coude et se donnent une tape dans le dos.
    2. D’autres impriment leur liste de tâches à faire afin de pouvoir apprécier le sentiment d’accomplissement lorsqu’ils rayent les tâches accomplies au cours de la journée.
  2. Ciblez une tâche qui vous permettra de faire davantage de « travail de héros ». Je ne vous dis pas de vous glisser en permanence dans un uniforme d’élasthanne et de vous attribuer le titre de superhéros. Choisissez plutôt une carrière où vos forces pourront être mises à profit, tel qu’un emploi dans le domaine du service à la clientèle, dans la recherche de solutions pour les autres, etc.

Je peux déjà entendre certains d’entre vous dire : « Oui, mais… »

  1. Vous êtes dans l’impossibilité de quitter votre emploi, car votre famille dépend de vous ou encore parce que vous avez de bons avantages sociaux, notamment un fonds de pension et une assurance collective. Toutefois, vous pouvez demander à votre patron de vous donner davantage de rétroaction, ou vous pouvez être à l’affût des occasions, au sein de votre entreprise, qui vous permettront de jouer davantage au héros. Plusieurs entreprises sont ouvertes à l’idée, et souhaitent offrir de nouveaux postes aux employés actuels plutôt que de courir la chance de perdre de bons employés au profit de la concurrence. Recherchez un poste où vous aurez plus souvent l’occasion de résoudre des problèmes ou de travailler sur des projets spéciaux.

Vous pourriez également entreprendre un plus grand défi, soit de faire en sorte que votre entreprise devienne un meilleur milieu de travail pour tous. Que vous jouiez au héros pour sauver la journée ou que vous accomplissiez votre lot de travail quotidien, demandez à vos clients internes quel est l’impact de votre travail sur eux, puis faites de même. Dites-leur que vous appréciez ce qu’ils font; soyez précis et honnête. C’est impressionnant de voir la différence que peut faire une personne dans un milieu de travail. Apprenez aux autres comment remercier et reconnaître quelqu’un en étant un exemple sur lequel vos collègues peuvent se modeler et, avec le temps, vous réussirez peut-être à changer la culture de l’entreprise où vous travaillez. Cela rendra, à coup sûr, votre journée beaucoup plus agréable.

Savoir éviter les flambées émotives du TDAH au travail

Une des principales raisons pour lesquelles les adultes atteints du TDAH sont réprimandés au travail, ou perdent leur emploi, est en raison de ce qui est perçu comme un mauvais comportement. Les adultes atteints du TDAH sont très familiers avec leur problème de productivité, mais ils ont souvent de la difficulté à contrôler leurs émotions. Il se peut que vous ruminiez vos pensées davantage que la plupart des gens, que vous soyez sur la défensive et réagissiez de façon excessive lorsque vous êtes confronté à la critique, réelle ou imaginée, ou que vous deveniez facilement frustré et exprimiez haut et fort vos sentiments (et de vous demander pour une énième fois : « Oups! Est-ce que j’ai vraiment dit cela à voix haute? »).

Le TDAH me fait perdre le contrôle

Le TDAH affecte les fonctions exécutives de votre cerveau, dont l’une d’elles est de contrôler la frustration et les émotions extrêmes. Il se peut également que vous aimiez la stimulation que génère une émotion extrême. Je connais plusieurs personnes atteintes du TDAH qui recherchent ou causent des situations où les émotions sont vives, puisque cela leur permet de demeurer concentrées sur ce qui se passe. Mon mari dit souvent que, bien que cela ne fasse pas partie de la liste des symptômes du TDAH, ce devrait être le cas! Les adultes atteints du TDAH sont « accros aux drames »! Finalement, vous avez probablement des cicatrices causées par les nombreuses réprimandes et les nombreux revers, ce qui vous rend plus vulnérable aux pensées négatives.

Pour contrôler vos émotions, vous devez commencer par prendre soin de vos besoins physiques

Vous vous rappelez probablement ce récent message publicitaire de barre de chocolat où le célèbre Robin Williams jouait le rôle d’un coach de football (avec plusieurs personnages à la personnalité maniaque) avant de se transformer en véritable coach de football après avoir mangé la barre de chocolat. Le message « Tu n’es pas toi quand tu as faim » s’applique parfaitement aux adultes atteints du TDAH. J’ai rapidement remarqué, à la maison, à quel point les conversations avec l’une des personnes atteintes du TDAH avec qui je vis deviennent chargées d’émotions lorsque celle-ci a faim ou n’a pas dormi suffisamment la nuit précédente. L’exercice peut également vous aider à mieux gérer votre stress, alors le simple fait de sauter une période d’exercice vous rend plus susceptible à ressentir de la frustration.

Familiarisez-vous avec votre fonctionnement interne

Vous pouvez réussir à contrôler vos émotions en apprenant leur fonctionnement. Et je ne parle pas ici des connaissances « théoriques » que vous pourriez trouver dans un livre, mais plutôt de prendre le temps, après vos flambées émotives, de repenser à ce qui s’est passé. Qu’est-ce qui a déclenché cet événement, quelle a été votre réaction, et pourquoi les résultats se sont-ils avérés négatifs? Vous pourrez ensuite planifier à l’avance, tout en pensant à la façon dont vous auriez pu réagir afin d’obtenir des résultats différents, et ainsi être en mesure de mieux gérer la situation la prochaine fois qu’elle se présentera. Il s’agit d’un défi important pour plusieurs adultes atteints du TDAH qui, une fois l’émotion passée, n’y prêtent pas attention, sauf pour se demander comment ils peuvent s’excuser pour les paroles qu’ils ont dites ou les gestes qu’ils ont posés.

Toutefois, si vous pouvez vous exercer à analyser vos flambées émotives, vous aurez probablement à vous excuser moins souvent. Je connais plusieurs adultes atteints du TDAH qui trouvent utile de répéter des « scripts » qui impliquent ou non des mots. Un des scripts les plus communs que plusieurs ont appris et mettent en pratique est le suivant : « Je crois que je suis sur le point de dire quelque chose que je pourrais regretter, je suis mieux de compter jusqu’à 10. » L’important est d’apprendre à reconnaître l’approche d’une flambée émotive avant qu’il ne soit trop tard (vous en apprendrez davantage dans quelques instants).

Des techniques telles que la méditation peuvent également vous aider. La méditation ne consiste pas à vous regarder le nombril. Il s’agit plutôt de vivre le moment présent, de faire appel à tous vos sens et de ressentir ce qui se passe à ce moment. Voici les points que vous devez observer :

1) Quel est l’événement qui a déclenché votre flambée d’émotions?

2) Quelles sont les sensations que vous avez ressenties dans votre corps peu de temps avant que ne se produise cette flambée d’émotions?

Ressentiez-vous de la tension dans vos épaules? Aviez-vous un nœud dans l’estomac? Est-ce que votre respiration ou votre rythme cardiaque a changé? Soyez attentif à ces signes, car cela pourra éventuellement vous aider à mieux gérer vos émotions. La prochaine fois que vous commencerez à ressentir ces sensations, vous serez davantage en mesure de prévoir, et possiblement de prévenir une flambée d’émotions imminente.

3) Quelle émotion avez-vous ressentie?

Est-ce que c’était de la peur? De la colère? De la jalousie? De l’exaspération? De la tristesse? Au premier coup d’œil, vous direz simplement : « J’étais en colère. » Toutefois, vous devez chercher à trouver la véritable source de l’émotion que vous avez ressentie comme de la « colère ». Cela mettra en lumière les pensées qui ont été générées par l’événement déclencheur.

4) À quoi pensiez-vous?

Les événements génèrent des pensées. Quelle est la croyance à l’origine de cette pensée? Par exemple, si, un jour, votre patronne vous regarde d’un regard étrange, vous pouvez croire : « J’ai fait quelque chose de mal, elle va me congédier », puis vous commencez à angoisser. Ce sentiment causera beaucoup de tension dans vos épaules, ainsi qu’un nœud dans votre estomac, puisque vous vous dites que vous vous retrouverez probablement sans emploi. Vous commencez à vous dire que vous faites toujours des erreurs ou que vous dites toujours la mauvaise chose.

Je vous expliquerai comment gérer ce type de pensées dans une prochaine section. Pour l’instant, restons concentrés sur la façon de contrôler les flambées d’émotions au travail.

Préparez un plan d’action

Il est toujours préférable de préparer un plan d’action pour ces flambées explosives lorsque vous êtes dans un état de calme. La meilleure façon de contrôler vos émotions est d’être à l’écoute des signes déclencheurs et des indices qui vous amènent à perdre le contrôle, et d’avoir un plan afin de savoir comment réagir lorsque ces éléments déclencheurs ou ces indices se pointent. Plusieurs d’entre nous ont à leur disposition quelques options lorsque les événements nous rendent émotifs.

1) Vous pouvez réagir : C’est, bien entendu, ce que vous faites, et c’est ce que vous souhaitez probablement changer, puisque c’est exactement ce qui vous a mis dans le trouble.

2) Vous pouvez vous retirer de la situation : Vous pouvez créer un « script » pour expliquer la raison pour laquelle vous devez vous retirer de la situation; préparez-le à l’avance.

3) Vous pouvez laisser faire : Lorsque vous aurez plus de la facilité à contrôler vos émotions, vous pourrez considérer cette option.

4) Vous pouvez préparer votre réponse à l’avance : Cela nécessite une bonne prévoyance. Prenez le temps d’analyser les expériences passées afin de découvrir des indices. Une fois que vous aurez identifié quelques indices qui vous permettront d’identifier une flambée d’émotions imminente, vous pourrez créer un plan d’action pour vous aider à gérer vos émotions AVANT qu’elles ne se pointent. Soyez à l’écoute des indices indiquant que quelque chose est sur le point de se produire et décidez de la façon dont vous gérerez la situation la prochaine fois que ces indices se présenteront. Ce qu’il y a de bien, c’est que vous pouvez demander d’obtenir de l’aide pour préparer votre plan d’action auprès de quelqu’un qui a davantage d’expérience et de succès avec les autres. Vous voudrez peut-être pratiquer votre réponse devant le miroir ou avec la personne qui vous aide, tant qu’elle soit quelqu’un pour vous épauler et vous aider.

Votre plan d’action peut ressembler à ce qui suit :

  • Lorsque je commencerai à me sentir débordé, je prendrai deux grandes respirations. Dès que je sentirai la pression tomber, je dresserai une liste de tout ce qu’il y a à faire et, au besoin, je discuterai avec mon patron afin de définir les priorités.
  • Lorsque je remarquerai que ma mâchoire se crispe et que je serre les poings, je saurai que je suis sur le point de perdre le contrôle, je dirai aux autres : « J’ai besoin d’un peu de temps pour y penser, je t’en reparlerai plus tard », ou vous pourrez tout simplement trouver une excuse pour vous éloigner afin de reprendre sur vous.

Comment présenter une demande d’accommodement au travail (sans toutefois dévoiler votre TDAH!)

Le milieu du travail est devenu un milieu de plus en plus difficile, même pour les personnes neurotypiques. Peut-être qu’il en a toujours été ainsi, mais à la vitesse où tout se déroule de nos jours, avec les attentes de plus en plus élevées qu’ont les employeurs et les clients, et avec la concurrence de plus en plus féroce, tout peut sembler beaucoup plus stressant que jamais. Si vous êtes un adulte atteint du TDAH, vous devez également conjuguer avec plusieurs autres défis qui s’ajouteront au lot :

  • Le manque d’attention et de concentration peut vous amener à passer à côté de certains détails et peut vous rendre la tâche beaucoup plus difficile lorsque vient le temps d’effectuer des tâches qui nécessitent de la concentration, et ce, même lorsque le moment est opportun.
  • Les troubles de mémoire mènent la plupart du temps à des engagements oubliés, ce qui se solde alors par une perte de crédibilité.
  • Le manque d’organisation vous laisse bien souvent avec une impression d’être débordé ou distrait : vous avez le sentiment de passer d’une tâche à l’autre, sans succès.
  • La procrastination vous amène à toujours être à la dernière minute, à toujours travailler avec un fusil sur la tempe et à avoir beaucoup de difficulté à respecter les échéanciers, ce qui vous amène un lot de stress important.
  • Vous voulez jouer au héros en voulant éteindre les feux des autres, tandis que votre travail, lui, demeure inachevé.
  • Et plus encore…

Ces défis supplémentaires font de votre milieu de travail un véritable champ de mines rempli de réprimandes et de déceptions… Que pouvez-vous faire pour vous en sortir?

La réponse évidente, qui est celle que la plupart des experts vous donneront, est la suivante : « Vous devriez présenter une demande d’accommodement auprès de votre employeur. » Cela semble si simple, n’est-ce pas? Il a été démontré que les accommodements peuvent être bénéfiques, et ils vous aideraient sans aucun doute, mais il y a toutefois un petit problème qui subsiste : comment pouvez-vous demander et obtenir des accommodements au travail, sans toutefois dévoiler que vous êtes atteint du TDAH? Et… comment ne pas dévoiler les risques que cela implique?

Que pouvez-vous faire? Il existe des façons de faire une demande d’accommodements sans dévoiler votre TDAH. Si vous croyez qu’il est préférable de ne pas parler de votre TDAH au travail, ou si vous préférez simplement ne pas en parler, vous serez heureux d’apprendre qu’il y a une « formule » qui vous aidera à présenter une demande d’accommodement sans exposer votre TDAH. Utilisez le modèle qui suit afin de vous aider à mettre par écrit ce que vous aimeriez dire, et ce, en fonction de votre situation. Pratiquez-vous et utilisez-le à répétition. Vous réussirez à coup sûr!

Étape 1. Décrivez votre principale difficulté et les circonstances qui l’entourent.

Étape 2. Décrivez une solution possible à laquelle vous avez pensé.

Étape 3. Décrivez les principaux avantages à votre patron, vos collègues, et expliquez en quoi cette solution sera avantageuse pour vous.   (En quoi est-ce que cette solution sera bénéfique pour vous et moi?)

Par exemple, s’il y a trop de bruit dans votre cubicule et que vous avez l’impression que vous seriez plus performant et que vous auriez plus de facilité à préparer un rapport particulièrement exigeant et récurrent en le faisant dans un endroit silencieux, vous pourriez préparer votre demande comme suit :

Étape 1. Décrivez votre principale difficulté – dites quelque chose qui ressemble à : « J’ai beaucoup de difficulté à garder ma concentration lorsque je travaille sur les rapports XYZ, car il y a beaucoup de bruit dans le bureau. »

Étape 2. Décrivez une solution possible – « J’ai pensé à une solution : lorsque je travaille sur ces rapports, est-ce que ce serait possible de le faire dans un bureau fermé, dans la salle de conférence, ou bien de travailler de la maison? »

Étape 3. Décrivez les principaux avantages – « Cela m’aiderait à être beaucoup plus efficace et à accomplir beaucoup plus de travail rapidement, ce qui permettra à Joe de travailler sur sa section plus tôt, et le tout sera fait avec peu ou pas d’erreurs, ce qui réduira le temps que vous devez passer à contre-vérifier mon travail. »

Vous avez fait du bon travail en tentant de vendre votre solution et en présentant les avantages que cela aurait pour tous… Vous n’avez pas l’air de vous plaindre, et personne n’a parlé de votre TDAH!

La formule est donc la suivante :

accommodements-formulev2

« Les accommodements au travail nécessitent de modifier une tâche, un milieu de travail ou une façon de faire afin qu’une personne ayant une certaine difficulté puisse avoir le même accès à tous les aspects du travail. »1

Les accommodements au travail peuvent également inclure l’utilisation d’outils tels qu’un casque d’écoute, une technologie assistée, de la formation, une restructuration du travail, une réaffectation des tâches, ou l’embauche d’une adjointe administrative.

Une de mes clientes, qui est adjointe administrative, devait réviser tous les rapports de dépenses des chefs de service qui se rapportent à son superviseur, et ce, une fois par semaine. Il s’agissait d’une tâche fastidieuse qui nécessitait beaucoup de concentration. Elle devait faire cette tâche dans le silence, sans être interrompue. Toutefois, elle devait répondre au téléphone simultanément, ce qui générait plusieurs erreurs. Voici le discours qu’elle a tenu à son patron :

Étape 1.    J’ai beaucoup de difficulté lorsque je dois m’acquitter de la révision de vos rapports de dépenses. Chaque fois que je dois répondre au téléphone, j’ai de la difficulté à me souvenir où j’en étais avant de répondre à l’appel. Cela génère plusieurs erreurs, ou fait en sorte que je passe à côté de certains détails.

Étape 2.    Je sais que j’ai besoin de deux ou trois heures de temps sans interruption, lorsque je suis très concentrée, afin de m’assurer de faire mon travail sans erreur. J’ai d’ailleurs trouvé une solution possible : est-ce que Carole serait en mesure de répondre aux appels les mardis matins, afin que je puisse accomplir cette tâche sans être interrompue?

Étape 3.    Une fois cette solution en place, je serais en mesure de réduire le nombre d’erreurs de façon considérable et ainsi m’assurer que tous les reçus sont présents et comptabilisés. Cela vous évitera de recevoir des appels du service de la comptabilité ou évitera à la compagnie de payer un montant supérieur à ce qui est dû. Avec un nombre d’interruptions réduit, je serais également en mesure d’accomplir la tâche plus rapidement.

Son patron a trouvé qu’il s’agissait d’une excellente idée et lui a permis de transférer ses appels afin qu’elle puisse effectuer sa tâche sans erreur. Et tout le monde est heureux depuis ce jour!

1 Traduction de la Source : http://www.workwithoutlimits.org/

Mais qu’est-ce que c’est si ce n’est pas de la procrastination?

manque de concentrationIl n’y a rien de plus frustrant que de prévoir accomplir une certaine tâche, pour finalement réaliser que vous « n’en avez pas envie », que vous « n’êtes pas dans le bon état d’esprit » ou que vous « n’avez aucune inspiration ». Vous avez gaspillé du temps que vous ne reverrez jamais, et vous n’avez rien accompli pour combler ce temps perdu. Nous entendons souvent dire que les adultes atteints du TDAH ont de la difficulté à gérer leur temps, mais lorsque vous faites les efforts requis, lorsque vous faites ce que vous devez faire… ce serait vraiment agréable que vous réussissiez à accomplir ce que vous avez prévu.Après tout, ce n’est pas comme si vous n’aviez que du temps libre pour le reste de la semaine!

Vous repoussez la tâche parce que vous avez l’« angoisse de la feuille blanche » ou que vous « ne vous sentez pas prêt », puis vous jonglez avec les rendez-vous et restez, encore une fois, tard au bureau afin de récupérer tout le temps improductif que vous aurez perdu. C’est si frustrant, parce que vous avez suivi tous les conseils des experts en gestion du temps : vous avez décortiqué votre projet en des étapes plus faciles à gérer, vous avez prévu du temps pour accomplir ces tâches, vous avez planifié du temps à votre agenda où personne ne pourra vous demander de faire autre chose, vous avez éliminé les distractions (peut-être vous êtes-vousmême déjà caché dans un café afin d’éviter les appels téléphoniques et les courriels), sans toutefois arriver à travailler. Les heures ont filé entre vos doigts, elles ne pourront jamais être récupérées, et vous n’aurez aucun travail à présenter.

Même si vous suivez les bons conseils d’autres…

Dites cela à la plupart des gens et ils rejetteront le tout du revers de la main. « Tu as simplement eu une mauvaise journée. Ça arrive à tout le monde. » Mais lorsque ça se reproduit à nouveau, les autres se demandent pourquoi vous « procrastinez ». Après tout, vous n’avez pas été en mesure de le faire aujourd’hui, alors vous prévoirez le faire demain ou le jour d’après. Cela a alors tout l’air de la procrastination. Et ils ont de bons conseils pour cela également! Ils vous disent : « Commence toujours par le plus difficile en premier. » Une autre personne pourra vous confier que son secret de la réussite est : « Commence toujours par le plus facile en premier. » Un autre vous propose la solution la plus simple : « Fais-le, tout simplement. »

Mais lorsque cela se produit de façon régulière, ils commencent à vous regarder différemment. « Peut-être as-tu de la difficulté à avancer parce que tu es incapable d’affronter tes peurs? » Ou ma phrase préférée : « Peut-être que tu ne veux pas vraiment réussir; tu ne cesses de te nuire. »Peut-être serez-vousmême tenté de les croire, si ce n’était pour le fait que, parfois, sans que vous ne sachiez pourquoi, les astres sont alignés et tout fonctionne. Vous êtes capable d’accomplir les choses, et ce, plus rapidement et mieux que n’importe qui d’autre. C’est donc évident que vous pouvez y arriver. Vous commencez alors à vous demander si vous n’êtes pas en train de devenir fou.

Vous êtes incapable de dire si c’est parce que vous ne gérez pas votre façon adéquate, parce que vous procrastinez ou si vous vous nuisez en secret! Toutefois, ce que vous savez, c’est que rien ne semble fonctionner ou, du moins, ça ne fonctionne jamais suffisamment bien pour vous permettre de vous y fier.

Vous ne ciblez pas la vraie source du problème

Et si je vous disais que vous passez à côté de la véritable raison pour laquelle vous êtes incapable d’avoir un rendement constant? Vous n’êtes pas paresseux, vous ne procrastinez pas et vous n’êtes pas fou. Vous n’avez pas « peur du succès ». Non, en fait, le problème est que vos niveaux d’énergie ne sont pas optimaux pour l’activité que vous avez planifiée. Les niveaux d’énergie de chacun fluctuent au cours d’une journée. Toutefois, les adultes atteints du TDAH sont particulièrement susceptibles aux variations d’énergie dans leur cerveau. La concentration ou le focus mental nécessitent beaucoup d’énergie, alors si vous planifiez faire une activité qui nécessite toute votre attention à un moment où votre niveau d’énergie est à son plus bas, vous aurez de la difficulté. Vous serez incapable de vous concentrer, vous aurez de la difficulté à contrôle votre besoin de bouger, et vous vivrez une incroyable perte de temps à « tenter » de vous concentrer malgré tout.

La plupart des gens sous-estiment l’importance de faire concorder leurs niveaux d’énergie avec les demandes que vos activités exigent à votre cerveau. Non affecté, le cortex préfrontal peut fonctionner suffisamment bien selon une vaste gamme de niveaux d’énergie. Toutefois, en tant qu’adulte atteint du TDAH, votre cortex préfrontal affaibli est sensible aux plus infimes variations. L’effet d’une baisse d’énergie est si dramatique, alors le simple fait de bien comprendre votre propre cycle de niveaux d’énergie vous permettra de planifier les bonnes tâches en fonction du bon niveau d’énergie. Ainsi, vous serez en mesure de terminer ce que vous aurez planifié plutôt que de devoir planifier sa réalisation à nouveau parce que vous « n’en aviez pas envie ».

Planifier la bonne activité au mauvais moment dans votre cycle d’énergie est comme jeter du temps précieux par la fenêtre. J’avais une cliente, Diane, qui avait fait le grand saut : elle avait quitté son emploi pour lancer sa propre entreprise. Au bout de six mois, elle était désespérée.Les contrats de consultation se faisaient rares, parce qu’elle avait beaucoup de difficulté à terminer et livrer ses propositions d’affaires. Ses fonds étaient à la baisse, et elle se demandait si elle était faite pour être propriétaire d’entreprise. Elle a communiqué avec moi afin que je puisse l’aider à surmonter son problème de procrastination; elle devait réellement être en mesure de préparer et de soumettre ses propositions selon les échéanciers.

Une fois qu’elle m’a expliqué la situation, j’ai été en mesure de déterminer que son principal problème n’était pas la procrastination. Il m’a semblé évident que, puisqu’elle ne connaissait pas ses cycles d’énergie, elle tentait de travailler sur ses propositions d’affaires au mauvais moment de la journée. En fait, les périodes de temps qu’elle y accordait n’étaient pas appropriées.

Dans la semaine qui a suivi la réalisation de la courbe de ses fluctuations d’énergie, elle m’a appelée à 18 h, en panique. Cela faisait quatre heures qu’elle tentait de terminer une proposition d’affaires pour un client potentiel, mais sans succès, et ce, en dépit de l’échéancier, qui était le lendemain. Auparavant, si rien ne fonctionnait comme elle l’entendait, elle comptait sur l’échéancier pour lui permettre de se concentrer suffisamment pour terminer sa proposition d’affaires, mais aujourd’hui, même cette solution ne fonctionnait pas.

Je l’ai aidée à prendre conscience que les propositions d’affaires nécessitent beaucoup d’énergie mentale, et qu’elle obtiendrait de bien meilleurs résultats si elle planifiait effectuer cette tâche à des moments où son cycle d’énergie était à son maximum. Elle a décidé de s’attaquer à sa proposition d’affaires le lendemain, au cours de son apport d’énergie maximale, puis le matin suivant, elle m’a appelée, tout excitée, parce qu’elle avait réussi à terminer sa proposition facilement, en seulement 45 minutes! Elle a même eu suffisamment de temps pour vérifier ses graphiques, apporter des modifications et livrer le tout avant la fin de la journée.

Elle a aimé la sensation d’être « dedans ». Elle a accompli davantage en moins de temps, et a livré un travail de meilleure qualité. Il n’est pas étonnant qu’elle ait décroché le contrat!

La plupart des gens ne font pas attention à leurs fluctuations d’énergie mentale, et traitent chacune des heures de la journée comme si elles étaient identiques. Malheureusement, bien que cela puisse ne pas affecter dramatiquement la plupart des gens, les adultes atteints du TDAH, eux, travaillent avec un réel désavantage lorsqu’ils ne font pas concorder leurs activités avec leurs fluctuations d’énergie mentale. Plusieurs adultes atteints du TDAH ont également des habitudes qui affectent leurs fluctuations d’énergie mentale, ce qui rend plus difficile la possibilité de stabiliser et de reconnaître leurs propresfluctuations d’énergie mentale.

Afin d’améliorer votre efficacité :

  • Adoptez des stratégies conçues pour les adultes atteints du TDAH afin de comprendre, identifier et stabiliser vos fluctuations d’énergie.
  • Prenez note de vos fluctuations d’énergie prévisibles et identifiez en quoi elles affectent votre capacité à vous concentrer, votre besoin de vous déplacer et vos périodes d’exténuation au cours de la journée.
  • Optimisez votre énergie mentale en faisant correspondre le type d’énergie nécessaire pour chacune des tâches avec le moment idéal pour les accomplir.
  • Si vous avez de la difficulté à assembler ce casse-tête, allez chercher de l’aide auprès d’un coach en TDAH qui comprendra comment le TDAH affecte les fluctuations d’énergie et comment vos fluctuations d’énergie affectent votre TDAH.


Coach Linda Walker, PCC, aide les adultes atteints du TDAH à améliorer leur productivité au travail, à atteindre un équilibre travail-famille et à prévenir l’épuisement professionnel. Auteure du livre With Time to Spare: The Ultimate Guide to Peak Performance for Entrepreneurs, Adults with ADHD and other Creative Geniuses, elle est également la mère du Programme d’optimisation de la productivité pour les adultes atteints du TDAH et de Vibrez! Une approche naturelle pour une concentration et une efficacité optimales.

Médecine préventive contre le burn-out dû au TDAH

Il m’arrive parfois d’avoir l’impression de conduire une ambulance. En effet, la plupart du temps, il me semble que lorsque je rencontre mes clients pour la première fois, c’est parce qu’ils vivent une situation de crise. Avec les années, j’ai eu l’occasion de remarquer (et de récentes études scientifiques l’ont également confirmé) que le syndrome d’épuisement professionnel (burn-out) est six fois plus fréquent chez les adultes atteints du TDAH que chez les adultes  » normaux « . D’ailleurs, cela me semble très plausible, car plusieurs de mes clients entrent en contact avec moi parce qu’ils ont reçu un diagnostic d’épuisement professionnel par le passé, qu’ils sont présentement en arrêt de travail en raison d’un épuisement professionnel ou encore parce qu’ils ont l’impression d’être sur le point de sombrer dans l’épuisement professionnel. Bien que ce soit plutôt gratifiant de  » sauver des vies  » (sauver des mariages, sauver des carrières, préserver la santé mentale, selon la situation de crise!), il me semblait important de vous faire part de certains points de médecine préventive qui pourront faire toute une différence!

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi vous entendiez toujours le bruit des sirènes?
Si on pense au fait que la vie moderne que nous vivons est très peu adaptée aux personnes vivant avec le TDAH (interruptions constantes causées par les téléphones cellulaires, les messages textes, les courriels et les voisins de cubicules), je suis loin d’être surprise que la plupart des adultes atteints du TDAH aient de la difficulté à rester concentrés sur une seule chose afin de pouvoir la terminer et passer à la suivante. Dans la plupart des entreprises, une absence de pensée proactive fait en sorte que la plupart des gens doivent sans cesse jouer un rôle de  » pompier « , devant résoudre une situation d’urgence après l’autre et éteindre des feux qui auraient pu être évités.

À la fin de la journée, et ce, en dépit d’avoir travaillé avec acharnement pendant huit heures (huit heures? Ah!), votre liste de tâches à accomplir est encore plus longue qu’au début de votre journée de travail, et les tâches que vous aviez prévu accomplir, mais que vous n’avez pu effectuer en raison de constantes interruptions, se sont maintenant ajoutées à votre pile des situations de dernière minute, ce qui vous assurera que la situation se reproduira la semaine prochaine, le mois prochain, voire l’année prochaine! Que pouvez-vous faire pour accomplir ces tâches de dernière minute si ce n’est que d’apporter du travail à la maison ou de faire du temps supplémentaire?

Si cette situation s’est présentée auparavant, elle se reproduira probablement de nouveau
Si telle est votre réalité, vous vous sentez probablement surchargé et insatisfait de votre travail. Et si cette situation perdure pour une certain période de temps, cela ne fait aucun doute que vous vous dirigerez automatiquement vers l’épuisement professionnel! Plusieurs personnes baissent les bras et abandonnent, quittent leur emploi, se font congédier ou quittent pour un congé de maladie. Toutefois, tant que des stratégies préventives ne seront pas mises en place pour les aider, cette situation se répétera automatiquement lors de leur retour au travail!

Sept stratégies préventives pour éviter le syndrome d’épuisement professionnel
Les sept stratégies suivantes vous permettront d’améliorer votre niveau de satisfaction face à votre travail, de réduire les surcharges et le stress, de prévenir le syndrome d’épuisement professionnel et de reprendre le contrôle de votre vie :

  1. Prenez grand soin de vous : faites de l’exercice chaque jour, assurez-vous d’avoir de sept à huit heures de sommeil par nuit. Ainsi, vous aurez suffisamment d’heures de sommeil pour rester énergique et concentré toute la journée.
  2. Planifiez vos interruptions de façon stratégique : préservez vos périodes d’énergie maximale afin de profiter pleinement de vos meilleurs moments dans la journée.
  3. Planifiez les tâches appropriées aux moments appropriés afin de pouvoir optimiser votre temps et demeurer énergique.
  4. Prenez l’habitude de vérifier et de répondre aux courriels au cours des périodes plus creuses et moins productives.
  5. Développez des systèmes pour apprendre à gérer les activités répétitives et complexes qui sont susceptibles de mener à des situations de crise.
  6. Prenez des pauses énergisantes d’une durée de 20 à 30 minutes au moment où cela vous sera le plus bénéfique, lorsque vous êtes mentalement et physiquement épuisé. Persévérer malgré tout ne fera qu’empirer la situation.
  7. Planifiez des activités ou des rendez-vous afin de vous obliger à quitter le bureau à la fin de la journée.
  8. Ces stratégies sont simples, mais comme la plupart des choses simples, elles ne sont pas toujours évidentes à mettre en place. Commencer un programme d’exercice est toujours plus facile si vous avez la motivation nécessaire, et vous pouvez également utiliser certaines de ces techniques pour élaborer vos stratégies pour contrer l’épuisement professionnel : faites-le avec un collègue accompagnateur, participez à un programme ou embauchez un entraîneur privé. Toutefois, chacune de ces approches comporte des avantages et des inconvénients.

    Le système de collègue accompagnateur
    C’est plus amusant d’aller s’entraîner avec un ami, puisque vous serez plus susceptible de vous présenter au gym. Toutefois, vous savez bien que celui-ci ne vous poussera pas au maximum, et vous ne profiterez malheureusement pas pleinement de votre investissement.

    Un programme de coaching de groupe
    Un coaching de groupe agencé à de la formation est une façon très efficace de s’entraîner. Vous bénéficierez de tous les avantages du système de collègue accompagnateur, mais à plus grande échelle, puisque vous travaillerez en collaboration avec un petit groupe de personnes qui font face aux mêmes défis que vous. Vous y tisserez des liens d’amitié qui dureront, et ce, bien après que la formation soit terminée. Vous vous encouragerez mutuellement mais, en plus, vous bénéficierez également d’un professionnel qui vous guidera à chacune des étapes de votre cheminement, et qui vous poussera à aller juste un peu plus loin afin de pouvoir profiter pleinement de votre investissement.

    Travailler avec un coach privé
    Tout comme au gym, travailler avec un entraîneur ou un coach privé peut s’avérer dispendieux, mais extrêmement bénéfique. Vous planifiez les rendez-vous à votre convenance, vous travaillez fort et observez des résultats rapidement (ou vous y allez à votre rythme), vous obtenez l’aide dont vous avez réellement besoin, et les résultats peuvent être tout à fait époustouflants.

    Bien entendu, peu importe votre choix, les résultats dépendent entièrement de l’investissement (temps, efforts, argent) que vous êtes prêt à faire, mais si vous en avez assez d’être fatigué, si vous n’en pouvez plus de vivre au bord du gouffre et d’avoir l’impression de ne plus être en contrôle de votre vie, agissez maintenant! Un peu de prévention pourrait vous mener loin…

    Si vous entendez le bruit des sirènes et que l’épuisement professionnel est probable si vous continuez, le programme d’Optimisation de la productivité est un groupe de coaching et de formation très efficace.