Les pilules ne sont pas LA solution du TDAH!

D’expérience, la réaction la plus commune à l’annonce d’un diagnostic de TDAH est la suivante : « Quel médicament dois-je prendre? », ce qui veut plutôt dire « Que puis-je prendre pour guérir du TDAH? ». Toutefois, je ne parle pas de médication avec mes clients. Je ne suis ni pour, ni contre les médicaments prescrits pour remédier au TDAH, mais je crois fermement que poser les bonnes actions peut régler le problème. Je sais que les médicaments aident beaucoup de gens, mais je crois que la médication ne peut tout faire toute seule.

Les médicaments ne sont pas LA solution. Il n’y a pas de remède contre le TDAH. Recevoir un diagnostic de TDAH signifie que votre cerveau fonctionne différemment de celui des autres. Bien qu’il y ait des médicaments disponibles sur le marché, et qu’ils sont souvent très efficaces, ils ne font pas effets pour tous et, ce n’est pas une panacée. Bien que notre société souhaite trouver un remède instantané, il faut se rendre à l’évidence… il n’y en a pas!

Est-ce que cela veut dire que vous êtes condamné à vivre avec votre problème? Bien sûr que non! Il n’y a pas de remède pour guérir l’obésité non plus. Toutefois, une personne avec un surplus de poids n’est pas condamnée à rester avec un surplus de poids. Prenez l’exemple de mon mari : il a perdu 100 livres lorsqu’il a appris qu’il était atteint de diabète. Il a, bien entendu, cherché à trouver des raccourcis, des pilules ou un régime qui lui permettrait de faire disparaître ses kilos en trop sans y mettre aucun effort. Qui ne le ferait pas?

Toutefois, la meilleure solution a été de développer de nouvelles aptitudes et d’adopter de nouvelles habitudes. Le tout ne s’est pas fait du jour au lendemain mais, après quelques semaines et quelques mois, il avait apporté d’infimes changements à son alimentation et à son mode de vie, ce qui a eu un impact important au bout du compte. Plusieurs personnes craignent de s’engager car elles croient que ce sera trop difficile.

C’est totalement faux! En effet, l’essentiel est que vous vous sentiez bien avec chacun des petits changements apportés à votre vie. Adaptez-vous à un changement, puis apportez-en un autre à votre mode de vie. Cela peut prendre du temps, mais chaque effort compte. Par exemple, mon mari a commencé à faire de l’exercice. Tout d’abord la marche, puis la course, pour finalement jouer au basketball. Imaginez! Comme premier effort, il s’est dit qu’il devait faire le tour du pâté de maison à chaque fois qu’il allait fumer une cigarette (il n’était pas autorisé à fumer à l’intérieur). Maintenant, il ne fume plus et il pèse 100 livres de moins.

Vous devrez développer certaines aptitudes de base afin d’apprendre à mieux vivre avec votre TDAH. Si vous apportez des changements trop radicaux, vous ne pourrez poursuivre le programme. En effet, la clé du succès consiste à commencer au point de départ et d’avancer dans la bonne direction et ce, même si vous avancez à petits pas. Je reconnais qu’il peut être décourageant de progresser lentement, mais motivez-vous en vous disant que c’est la seule façon qui ait fait ses preuves.

Pourquoi un mois de la sensibilisation au TDAH?

penseur sur rocherEn avril 2013, le CADDAC (Centre for ADHD Awareness, Canada) a invité les adultes canadiens atteints du TDAH à compléter un sondage en ligne. Un grand nombre, soit 759 adultes, y ont participé. Les résultats du sondage répondront à la question suivante : « Pourquoi un mois de la sensibilisation au TDAH (déficit de l’attention)? »

Un grand nombre d’adultes atteints du TDAH ne le savent pas!

Pour commencer, 87 % des adultes ayant répondu au sondage n’ont été diagnostiqués qu’à l’âge adulte. Cela vient confirmer d’autres études qui démontrent que de 85 à 90 % des adultes atteints du TDAH ne le savent pas et ne sont pas traités, mais vivent une vie chaotique et souffrent… beaucoup!

Combien de fois m’a-t-on dit, après avoir visionné une de mes vidéos sur YouTube, lu un article ou écouté une entrevue, que c’était la première fois que quelqu’un était capable de mettre en mots le calvaire qu’ils vivent.

Un grand nombre de médecins de famille ne croient pas au TDAH chez l’adulte

Est-ce surprenant qu’autant d’adultes atteints du TDAH ne le savent pas lorsqu’on apprend que 24 % des répondants rapportaient avoir rencontré au moins un médecin qui ne croyait pas au TDAH chez l’adulte? Près de 50 % des répondants ont rapporté avoir vécu une expérience très négative alors qu’ils recevaient de l’aide de professionnels de la santé pour leur TDAH.

Lorsque je lis de telles statistiques, certaines conversations avec des adultes atteints du TDAH me reviennent en tête. Je me rappelle d’un homme qui m’a téléphoné en pleurant. Il avait perdu son troisième emploi, car après avoir consulté quatre médecins, et avec son rapport de diagnostic en main, aucun ne lui a prescrit de médicaments. Deux d’entre eux lui avaient même conseillé de « travailler plus fort ». Chaque fois que je revis cette conversation, je serre les poings et j’ai la larme à l’œil.

L’ignorance, les préjugés et la stigmatisation…

Soixante-dix-neuf pour cent des répondants ressentaient que le manque d’accessibilité au traitement a eu un ou plusieurs impacts négatifs dans leur vie et dans leur carrière. Et 67% pour cent rapportaient une plus faible productivité au travail, 50 % avaient l’impression de ne pas avoir atteint leur plein potentiel au travail, tandis que 32 % des répondants avaient de la difficulté à garder un emploi.

L’accès à de l’information pertinente sur le TDAH était rare, c’est-à-dire que 62 % d’entre eux n’avaient pas reçu suffisamment d’information de la part de leur médecin traitant.

La majorité des répondants (comme la majorité de mes clients) mentionnaient que les préjugés et la stigmatisation du TDAH pesaient plus lourd que les coûts du traitement.

De plus en plus de pédiatres, de professeurs et d’orthopédagogues en milieu scolaire reconnaissent les symptômes du TDAH, donc le TDAH chez l’enfant commence à être mieux accepté. Par contre, pour le malheur des adultes atteints du TDAH, il reste encore beaucoup de montagnes à escalader.

Parlez-nous de votre expérience.

L’impact du TDAH sur la productivité

C’est le mois de sensibilisation du TDAH!

Nous sommes plusieurs à mettre des efforts importants pour sensibiliser le public mais surtout les entreprises à l’impact du TDAH chez l’adulte. Et donc vous verrez beaucoup plus dans les nouvelles sur le TDAH. D’ailleurs un excellent article à été publié sur le sujet dans le journal Les Affaires sur le Web. J’y suis citée à quelques reprises.

lesaffaires

Le TDAH affecte aussi la productivité au travail – article dans Les Affaires

Mais qu’est-ce que c’est si ce n’est pas de la procrastination?

manque de concentrationIl n’y a rien de plus frustrant que de prévoir accomplir une certaine tâche, pour finalement réaliser que vous « n’en avez pas envie », que vous « n’êtes pas dans le bon état d’esprit » ou que vous « n’avez aucune inspiration ». Vous avez gaspillé du temps que vous ne reverrez jamais, et vous n’avez rien accompli pour combler ce temps perdu. Nous entendons souvent dire que les adultes atteints du TDAH ont de la difficulté à gérer leur temps, mais lorsque vous faites les efforts requis, lorsque vous faites ce que vous devez faire… ce serait vraiment agréable que vous réussissiez à accomplir ce que vous avez prévu.Après tout, ce n’est pas comme si vous n’aviez que du temps libre pour le reste de la semaine!

Vous repoussez la tâche parce que vous avez l’« angoisse de la feuille blanche » ou que vous « ne vous sentez pas prêt », puis vous jonglez avec les rendez-vous et restez, encore une fois, tard au bureau afin de récupérer tout le temps improductif que vous aurez perdu. C’est si frustrant, parce que vous avez suivi tous les conseils des experts en gestion du temps : vous avez décortiqué votre projet en des étapes plus faciles à gérer, vous avez prévu du temps pour accomplir ces tâches, vous avez planifié du temps à votre agenda où personne ne pourra vous demander de faire autre chose, vous avez éliminé les distractions (peut-être vous êtes-vousmême déjà caché dans un café afin d’éviter les appels téléphoniques et les courriels), sans toutefois arriver à travailler. Les heures ont filé entre vos doigts, elles ne pourront jamais être récupérées, et vous n’aurez aucun travail à présenter.

Même si vous suivez les bons conseils d’autres…

Dites cela à la plupart des gens et ils rejetteront le tout du revers de la main. « Tu as simplement eu une mauvaise journée. Ça arrive à tout le monde. » Mais lorsque ça se reproduit à nouveau, les autres se demandent pourquoi vous « procrastinez ». Après tout, vous n’avez pas été en mesure de le faire aujourd’hui, alors vous prévoirez le faire demain ou le jour d’après. Cela a alors tout l’air de la procrastination. Et ils ont de bons conseils pour cela également! Ils vous disent : « Commence toujours par le plus difficile en premier. » Une autre personne pourra vous confier que son secret de la réussite est : « Commence toujours par le plus facile en premier. » Un autre vous propose la solution la plus simple : « Fais-le, tout simplement. »

Mais lorsque cela se produit de façon régulière, ils commencent à vous regarder différemment. « Peut-être as-tu de la difficulté à avancer parce que tu es incapable d’affronter tes peurs? » Ou ma phrase préférée : « Peut-être que tu ne veux pas vraiment réussir; tu ne cesses de te nuire. »Peut-être serez-vousmême tenté de les croire, si ce n’était pour le fait que, parfois, sans que vous ne sachiez pourquoi, les astres sont alignés et tout fonctionne. Vous êtes capable d’accomplir les choses, et ce, plus rapidement et mieux que n’importe qui d’autre. C’est donc évident que vous pouvez y arriver. Vous commencez alors à vous demander si vous n’êtes pas en train de devenir fou.

Vous êtes incapable de dire si c’est parce que vous ne gérez pas votre façon adéquate, parce que vous procrastinez ou si vous vous nuisez en secret! Toutefois, ce que vous savez, c’est que rien ne semble fonctionner ou, du moins, ça ne fonctionne jamais suffisamment bien pour vous permettre de vous y fier.

Vous ne ciblez pas la vraie source du problème

Et si je vous disais que vous passez à côté de la véritable raison pour laquelle vous êtes incapable d’avoir un rendement constant? Vous n’êtes pas paresseux, vous ne procrastinez pas et vous n’êtes pas fou. Vous n’avez pas « peur du succès ». Non, en fait, le problème est que vos niveaux d’énergie ne sont pas optimaux pour l’activité que vous avez planifiée. Les niveaux d’énergie de chacun fluctuent au cours d’une journée. Toutefois, les adultes atteints du TDAH sont particulièrement susceptibles aux variations d’énergie dans leur cerveau. La concentration ou le focus mental nécessitent beaucoup d’énergie, alors si vous planifiez faire une activité qui nécessite toute votre attention à un moment où votre niveau d’énergie est à son plus bas, vous aurez de la difficulté. Vous serez incapable de vous concentrer, vous aurez de la difficulté à contrôle votre besoin de bouger, et vous vivrez une incroyable perte de temps à « tenter » de vous concentrer malgré tout.

La plupart des gens sous-estiment l’importance de faire concorder leurs niveaux d’énergie avec les demandes que vos activités exigent à votre cerveau. Non affecté, le cortex préfrontal peut fonctionner suffisamment bien selon une vaste gamme de niveaux d’énergie. Toutefois, en tant qu’adulte atteint du TDAH, votre cortex préfrontal affaibli est sensible aux plus infimes variations. L’effet d’une baisse d’énergie est si dramatique, alors le simple fait de bien comprendre votre propre cycle de niveaux d’énergie vous permettra de planifier les bonnes tâches en fonction du bon niveau d’énergie. Ainsi, vous serez en mesure de terminer ce que vous aurez planifié plutôt que de devoir planifier sa réalisation à nouveau parce que vous « n’en aviez pas envie ».

Planifier la bonne activité au mauvais moment dans votre cycle d’énergie est comme jeter du temps précieux par la fenêtre. J’avais une cliente, Diane, qui avait fait le grand saut : elle avait quitté son emploi pour lancer sa propre entreprise. Au bout de six mois, elle était désespérée.Les contrats de consultation se faisaient rares, parce qu’elle avait beaucoup de difficulté à terminer et livrer ses propositions d’affaires. Ses fonds étaient à la baisse, et elle se demandait si elle était faite pour être propriétaire d’entreprise. Elle a communiqué avec moi afin que je puisse l’aider à surmonter son problème de procrastination; elle devait réellement être en mesure de préparer et de soumettre ses propositions selon les échéanciers.

Une fois qu’elle m’a expliqué la situation, j’ai été en mesure de déterminer que son principal problème n’était pas la procrastination. Il m’a semblé évident que, puisqu’elle ne connaissait pas ses cycles d’énergie, elle tentait de travailler sur ses propositions d’affaires au mauvais moment de la journée. En fait, les périodes de temps qu’elle y accordait n’étaient pas appropriées.

Dans la semaine qui a suivi la réalisation de la courbe de ses fluctuations d’énergie, elle m’a appelée à 18 h, en panique. Cela faisait quatre heures qu’elle tentait de terminer une proposition d’affaires pour un client potentiel, mais sans succès, et ce, en dépit de l’échéancier, qui était le lendemain. Auparavant, si rien ne fonctionnait comme elle l’entendait, elle comptait sur l’échéancier pour lui permettre de se concentrer suffisamment pour terminer sa proposition d’affaires, mais aujourd’hui, même cette solution ne fonctionnait pas.

Je l’ai aidée à prendre conscience que les propositions d’affaires nécessitent beaucoup d’énergie mentale, et qu’elle obtiendrait de bien meilleurs résultats si elle planifiait effectuer cette tâche à des moments où son cycle d’énergie était à son maximum. Elle a décidé de s’attaquer à sa proposition d’affaires le lendemain, au cours de son apport d’énergie maximale, puis le matin suivant, elle m’a appelée, tout excitée, parce qu’elle avait réussi à terminer sa proposition facilement, en seulement 45 minutes! Elle a même eu suffisamment de temps pour vérifier ses graphiques, apporter des modifications et livrer le tout avant la fin de la journée.

Elle a aimé la sensation d’être « dedans ». Elle a accompli davantage en moins de temps, et a livré un travail de meilleure qualité. Il n’est pas étonnant qu’elle ait décroché le contrat!

La plupart des gens ne font pas attention à leurs fluctuations d’énergie mentale, et traitent chacune des heures de la journée comme si elles étaient identiques. Malheureusement, bien que cela puisse ne pas affecter dramatiquement la plupart des gens, les adultes atteints du TDAH, eux, travaillent avec un réel désavantage lorsqu’ils ne font pas concorder leurs activités avec leurs fluctuations d’énergie mentale. Plusieurs adultes atteints du TDAH ont également des habitudes qui affectent leurs fluctuations d’énergie mentale, ce qui rend plus difficile la possibilité de stabiliser et de reconnaître leurs propresfluctuations d’énergie mentale.

Afin d’améliorer votre efficacité :

  • Adoptez des stratégies conçues pour les adultes atteints du TDAH afin de comprendre, identifier et stabiliser vos fluctuations d’énergie.
  • Prenez note de vos fluctuations d’énergie prévisibles et identifiez en quoi elles affectent votre capacité à vous concentrer, votre besoin de vous déplacer et vos périodes d’exténuation au cours de la journée.
  • Optimisez votre énergie mentale en faisant correspondre le type d’énergie nécessaire pour chacune des tâches avec le moment idéal pour les accomplir.
  • Si vous avez de la difficulté à assembler ce casse-tête, allez chercher de l’aide auprès d’un coach en TDAH qui comprendra comment le TDAH affecte les fluctuations d’énergie et comment vos fluctuations d’énergie affectent votre TDAH.


Coach Linda Walker, PCC, aide les adultes atteints du TDAH à améliorer leur productivité au travail, à atteindre un équilibre travail-famille et à prévenir l’épuisement professionnel. Auteure du livre With Time to Spare: The Ultimate Guide to Peak Performance for Entrepreneurs, Adults with ADHD and other Creative Geniuses, elle est également la mère du Programme d’optimisation de la productivité pour les adultes atteints du TDAH et de Vibrez! Une approche naturelle pour une concentration et une efficacité optimales.

Routines et habitudes : oui, vous pouvez y arriver

TDAH Routines et habitudes Dans mon article intitulé « La prise de décisions, une des choses les plus difficiles que vous faites », j’y décris les bienfaits étonnants des routines, des habitudes et des systèmes pour vous aider à réduire le nombre de décisions que vous devez prendre. La prise de décisions est une tâche difficile, et les adultes atteints du TDAH ont beaucoup plus de difficulté que les autres à y parvenir. Toutefois, remplacer ces décisions par la mise en place de routines vous donnera davantage d’énergie. Par contre, j’entends souvent de nouveaux clients (ou des personnes qui souhaiteraient être mes clients, simplement si elles pouvaient croire en leurs chances de réussite) me dire qu’ils sont incapables de développer des routines, des systèmes ou des habitudes.

Si vous croyez en être incapable…

Je sélectionne mes clients avec soin. Si vous êtes incapable de voir un infime rayon de lumière à l’autre bout du tunnel, eh bien même le meilleur coach au monde ne sera pas en mesure de vous aider. Vous n’avez pas à croire en votre incapacité à réaliser vos rêves. En tant qu’adulte vivant avec le TDAH, vous avez déjà vécu suffisamment de revers et des situations désolantes pour avoir une confiance absolue, que ce soit en vous ou en une autre personne prête à vous aider, afin de réaliser ce que vous avez été incapable de réaliser par vous-même.

Lorsque je rencontre un client pour la première fois, j’entends souvent une histoire qui m’est bien familière. Imaginez un instant François qui m’appelle pour obtenir des renseignements au sujet de coaching qui pourrait l’aider à vivre avec son TDAH. Bien qu’il n’y soit pas heureux, François occupe le même emploi depuis plusieurs années (et, s’il a perdu son emploi, probablement pas pour la première fois, il se trouve toujours un autre emploi similaire, dans le même domaine). Cela lui prend tout son temps et son énergie. Il quitte le bureau tard, si fatigué, qu’il s’endort devant la télévision, puisqu’il n’a pas suffisamment d’énergie pour sortir avec ses amis ou sa famille. De plus, il quitte difficilement son lit le lendemain matin, pour recommencer la même routine.

Lorsque je mentionne à François que je travaille avec des génies créatifs, des adultes aux prises avec le TDAH qui sont brillants, créatifs et ambitieux, je l’entends ronchonner, et je sais qu’il vérifie s’il a bel et bien composé le bon numéro. François se souvient avoir été comme ça auparavant, mais plus maintenant. Je souhaite encourager François, mais les encouragements ne seront pas suffisants s’il est incapable de trouver une parcelle de confiance en lui, une capacité à croire que les choses peuvent être meilleures pour lui.

Quel est le lien avec les routines, les habitudes et les systèmes?

Mon mari Duane, un adulte vivant avec le TDAH (et mon cobaye), se sentait également prisonnier de sa vie. Il croyait qu’il ne serait jamais en mesure de créer des routines et des habitudes. Duane souhaitait devenir un artiste, mais était incapable de trouver du temps pour peindre ou dessiner. Son emploi occupait la totalité de son temps et de son énergie, le condamnant ainsi à une vie peu satisfaisante.

Et malgré qu’il soit malheureux, François continue la même routine. S’il perd son emploi, il en dénichera un similaire. Il regarde la télévision par habitude. Bien qu’il soit convaincu qu’il ne peut créer de routines et d’habitudes, les routines et les habitudes (qu’il a lui-même créées!) lui font vivre la vie qu’il souhaite tant fuir!

Ironiquement, les routines et les habitudes constituent le chemin le plus rapide pour créer la vie que vous voulez vivre. La difficulté qu’avait Duane à contrôler ses pulsions, ou encore ses tentatives de s’automédicamenter (un comportement fréquent chez les adultes vivant avec le TDAH) l’ont mené vers un mode de vie destructeur. Duane avait un surplus de poids de plus de 100 lb, fumait deux paquets de cigarettes par jour et ne faisait jamais d’exercice! Chaque tentative de transformer sa vie (cesser de fumer, régimes draconiens, inscription au gym) était vouée à l’échec.

Vous pourrez créer votre nouvelle vie, et ce, que vous changiez votre état de santé, votre carrière, vos relations ou tout ce qui précède, en développant des routines et des habitudes qui vous guideront vers une nouvelle direction. Lorsque vous apportez un changement drastique à votre vie, vous perdez vos routines et vos habitudes existantes. Puisque vous souhaitez vous en débarrasser, qui pourrait penser qu’il y a quelque chose de mal à cela? Toutefois, le problème est que sans vos routines et vos habitudes existantes, vous n’aurez nulle part où ancrer les nouvelles.

Vous y arriverez, un pas à la fois

Plutôt que de changer son mode de vie du tout au tout, Duane y est allé un pas à la fois, ancrant ses nouvelles routines et ses nouvelles habitudes à celles déjà existantes. Voici un exemple qui s’est produit : pour commencer à faire de l’exercice, Duane a décidé de faire le tour du bloc chaque fois qu’il sortait fumer une cigarette! Il est bien plus facile de développer une nouvelle habitude en l’ancrant à une habitude existante, même si vous savez que cette habitude bien ancrée disparaîtra éventuellement. Maintenant, Duane ne fume plus, fait de l’exercice régulièrement et a perdu plus de 100 lb (et il maintient son poids depuis plus de 10 ans maintenant).

Cette approche est un succès assuré, mais si Duane est passé d’obèse morbide fumant deux paquets de cigarettes pas jour à un home au mode de vie sain en seulement un paragraphe, vous pouvez être porté à croire que ces changements ont pris autant de temps à se produire qu’il aura fallu de temps pour les décrire. Ce n’est toutefois pas le cas, et vous ne pouvez reproduire instantanément ces résultats dans votre propre vie.

Vous pouvez faire le premier pas, mais ce ne sera que le début de l’aventure. Le début est toujours fantastique, étonnant, beau, voire magique, mais peu importe l’allure de vos débuts, vous aurez besoin de courage pour faire le deuxième pas une fois le premier réussi (ou non). Parfois, vous échouerez. La persévérance sera beaucoup plus importante que tout le reste.

Lorsque je choisis mes clients, je suis très sélective, puisque les débuts ne sont pas un billet direct vers la liberté. Ce premier pas n’est que la pointe du iceberg. Et tant que vous ne verrez pas la lumière au bout du tunnel, vous ne plongerez probablement pas. Et si vous plongez et échouez (et par « échouer », j’entends que vous n’y arriverez tout simplement pas), vous baisserez les bras.

Alors, vous conserverez votre emploi (jusqu’à ce que vous n’en pouviez plus), vous n’aurez pas de temps pour vous et vous serez malheureux… mais vous accepterez la situation, puisque tout le monde vous dira à quel point vous devez être reconnaissant de tout ce que vous avez. Vous vous faites à l’idée que vous devez « faire face à la réalité ». Mais la « réalité » est un mensonge. Si vous n’obtenez pas ce que vous voulez, c’est parce que vous croyez que c’est impossible, et si vous obtenez ce que vous voulez, c’est parce que vous vous êtes lancé, même si vous croyez que c’est impossible, et vous persévérez, même si vous savez que ça ne fonctionnera pas, et ce, jusqu’au jour où vous regardez autour de vous et remarquerez que vous y êtes arrivé. Lorsque je choisis un client, c’est parce que je sais que cette personne est prête à plonger, même si elle est convaincue que c’est impossible. En travaillant ensemble, vous serez surpris de voir jusqu’où nous pouvons aller.

L’importance des routines et habitudes est telle que j’en ai créé un programme que j’offre gratuitement. Vous pouvez vous y inscrire sans frais, du moins, pour le moment.

La prise de décisions, une des choses les plus difficiles pour les adultes atteints du TDAH

prise-de-decision-difficile-tdahUne des tâches les plus difficiles que vous aurez à accomplir aujourd’hui est sans aucun doute la prise de décisions. Alors que la société dans laquelle nous vivons nous offre toujours de plus en plus d’options et d’informations au sujet de ces options, le nombre de décisions que nous devons prendre, ainsi que la complexité de l’analyse que la prise de telles décisions nécessite, semblent être en croissance. Prendre des décisions est une tâche difficile. Ne vous demandez pas pourquoi vous êtes exténué à la fin de la journée!

Tim Ferriss, auteur de La semaine de 4 heures, a élaboré la théorie que nous commençons tous notre journée avec la capacité de prendre un certain nombre de décisions, et qu’une fois la limite atteinte, peu importe le nombre, les décisions suivantes seront moins qu’optimales. Vous serez fatigué, moins créatif, et serez moins présent au niveau mental. Pour utiliser une métaphore moderne, vous avez une largeur de bande limitée, et chaque décision que vous prenez utilise un peu de cette largeur de bande. Une fois qu’elle est toute utilisée, vous n’aurez plus suffisamment de largeur de bande pour poursuivre vos grandes ambitions.

Certaines personnes ont une plus grande capacité que d’autres à prendre des décisions, tout comme certaines personnes ont de plus grandes aptitudes dans certains sports. Bien entendu, certaines personnes ont moins de facilité à prendre des décisions. Peut-être le TDAH réduit-il votre limite de capacité à prendre des décisions? Vous pouvez effectivement prendre des décisions, mais plus vous en prendrez, plus la qualité de vos décisions en souffrira.

Gardez la prise de décisions pour les choses importantes

S’il y a une quantité limite de décisions que vous pouvez prendre facilement et adéquatement chaque jour, il fait alors du sens que vous conserviez votre prise de décisions pour les choses qui comptent à vos yeux. Alors que repousser les décisions frivoles peut être avantageux pour chacun, si vous êtes atteint du TDAH, réduire le nombre de décisions que vous prenez de façon non nécessaire vous sera encore plus bénéfique. C’est d’ailleurs pourquoi les rituels, les routines et les systèmes sont si bénéfiques pour les adultes atteints du TDAH.

Développez des routines pour éliminer les prises de décision

Créer des routines permet d’éliminer les décisions quotidiennes en les prenant une fois plutôt qu’à répétition. Conservez votre énergie et votre génie créatif pour les décisions qui comptent vraiment. Si, chaque jour, vous vous demandez si vous devez aller vous entraîner, vous perdez votre énergie ainsi que le nombre limite de décisions que vous prenez chaque jour. Si, plutôt, vous décidiez (une seule fois) d’aller vous entraîner tous les lundis, mercredis et vendredis, vous élimineriez trois prises de décision par semaine.

Michael Phelps, le champion olympique de natation, qui est atteint du TDAH, est né avec des poumons plus gros que 99,9 % du reste de la population. Certaines personnes sont nées avec de meilleures aptitudes pour la natation, alors peut-être que certaines personnes sont nées avec de meilleures aptitudes pour la prise de décisions. Mais puisque nous ne sommes pas tous capables d’exploits comme ceux de Michael Phelps dans la piscine, nous ne pouvons tous avoir de la facilité à prendre des décisions.

Les systèmes vous permettent d’éliminer certaines décisions

L’automatisation ou la systématisation des activités afin d’éliminer la prise de décisions non nécessaires rapporte beaucoup. Les bienfaits pour les adultes atteints du TDAH sont extraordinaires. Après tout, si votre objectif est de traverser la rivière, mais que vous ne savez pas nager, un canot vous serait beaucoup plus utile qu’à Michael Phelps, qui pourrait pour sa part plonger dans l’eau et se retrouver de l’autre côté de la rive avant même que vous n’ayez eu le temps d’enfiler votre gilet de sauvetage!

Si vous ne pouvez le transformer en automatisme, pouvez-vous créer une routine ou un rituel? Décidez-vous chaque matin de brosser vos dents? Ou le faites-vous plutôt par automatisme? Ce ne sont que de simples exemples d’une stratégie extrêmement bénéfique; une seule des stratégies bénéfiques que vous mettrez en application dans votre vie grâce au Programme d’optimisation de la productivité.

Cessez de vous sentir dépassé

Plusieurs adultes atteints du TDAH sont souvent dépassés par les décisions qu’ils doivent prendre quotidiennement, et désespèrent souvent parce que leurs efforts pour créer des systèmes, des routines et des habitudes (éliminant par la même occasion les décisions qui grugent l’énergie), puisque tous leurs efforts passés n’ont mené à rien. En fait, ils sont convaincus que cette stratégie ne pourra fonctionner pour eux. Eh bien, j’ai de bonnes nouvelles à ce sujet. Dans mon article, « Routines et habitudes : oui, vous pouvez y arriver », je vous fais part de quelques conseils que les adultes atteints du TDAH peuvent utiliser pour créer des routines et des habitudes (même si vous êtes fortement convaincu que vous ne pourrez jamais y arriver)!