Savoir éviter les flambées émotives du TDAH au travail

Une des principales raisons pour lesquelles les adultes atteints du TDAH sont réprimandés au travail, ou perdent leur emploi, est en raison de ce qui est perçu comme un mauvais comportement. Les adultes atteints du TDAH sont très familiers avec leur problème de productivité, mais ils ont souvent de la difficulté à contrôler leurs émotions. Il se peut que vous ruminiez vos pensées davantage que la plupart des gens, que vous soyez sur la défensive et réagissiez de façon excessive lorsque vous êtes confronté à la critique, réelle ou imaginée, ou que vous deveniez facilement frustré et exprimiez haut et fort vos sentiments (et de vous demander pour une énième fois : « Oups! Est-ce que j’ai vraiment dit cela à voix haute? »).

Le TDAH me fait perdre le contrôle

Le TDAH affecte les fonctions exécutives de votre cerveau, dont l’une d’elles est de contrôler la frustration et les émotions extrêmes. Il se peut également que vous aimiez la stimulation que génère une émotion extrême. Je connais plusieurs personnes atteintes du TDAH qui recherchent ou causent des situations où les émotions sont vives, puisque cela leur permet de demeurer concentrées sur ce qui se passe. Mon mari dit souvent que, bien que cela ne fasse pas partie de la liste des symptômes du TDAH, ce devrait être le cas! Les adultes atteints du TDAH sont « accros aux drames »! Finalement, vous avez probablement des cicatrices causées par les nombreuses réprimandes et les nombreux revers, ce qui vous rend plus vulnérable aux pensées négatives.

Pour contrôler vos émotions, vous devez commencer par prendre soin de vos besoins physiques

Vous vous rappelez probablement ce récent message publicitaire de barre de chocolat où le célèbre Robin Williams jouait le rôle d’un coach de football (avec plusieurs personnages à la personnalité maniaque) avant de se transformer en véritable coach de football après avoir mangé la barre de chocolat. Le message « Tu n’es pas toi quand tu as faim » s’applique parfaitement aux adultes atteints du TDAH. J’ai rapidement remarqué, à la maison, à quel point les conversations avec l’une des personnes atteintes du TDAH avec qui je vis deviennent chargées d’émotions lorsque celle-ci a faim ou n’a pas dormi suffisamment la nuit précédente. L’exercice peut également vous aider à mieux gérer votre stress, alors le simple fait de sauter une période d’exercice vous rend plus susceptible à ressentir de la frustration.

Familiarisez-vous avec votre fonctionnement interne

Vous pouvez réussir à contrôler vos émotions en apprenant leur fonctionnement. Et je ne parle pas ici des connaissances « théoriques » que vous pourriez trouver dans un livre, mais plutôt de prendre le temps, après vos flambées émotives, de repenser à ce qui s’est passé. Qu’est-ce qui a déclenché cet événement, quelle a été votre réaction, et pourquoi les résultats se sont-ils avérés négatifs? Vous pourrez ensuite planifier à l’avance, tout en pensant à la façon dont vous auriez pu réagir afin d’obtenir des résultats différents, et ainsi être en mesure de mieux gérer la situation la prochaine fois qu’elle se présentera. Il s’agit d’un défi important pour plusieurs adultes atteints du TDAH qui, une fois l’émotion passée, n’y prêtent pas attention, sauf pour se demander comment ils peuvent s’excuser pour les paroles qu’ils ont dites ou les gestes qu’ils ont posés.

Toutefois, si vous pouvez vous exercer à analyser vos flambées émotives, vous aurez probablement à vous excuser moins souvent. Je connais plusieurs adultes atteints du TDAH qui trouvent utile de répéter des « scripts » qui impliquent ou non des mots. Un des scripts les plus communs que plusieurs ont appris et mettent en pratique est le suivant : « Je crois que je suis sur le point de dire quelque chose que je pourrais regretter, je suis mieux de compter jusqu’à 10. » L’important est d’apprendre à reconnaître l’approche d’une flambée émotive avant qu’il ne soit trop tard (vous en apprendrez davantage dans quelques instants).

Des techniques telles que la méditation peuvent également vous aider. La méditation ne consiste pas à vous regarder le nombril. Il s’agit plutôt de vivre le moment présent, de faire appel à tous vos sens et de ressentir ce qui se passe à ce moment. Voici les points que vous devez observer :

1) Quel est l’événement qui a déclenché votre flambée d’émotions?

2) Quelles sont les sensations que vous avez ressenties dans votre corps peu de temps avant que ne se produise cette flambée d’émotions?

Ressentiez-vous de la tension dans vos épaules? Aviez-vous un nœud dans l’estomac? Est-ce que votre respiration ou votre rythme cardiaque a changé? Soyez attentif à ces signes, car cela pourra éventuellement vous aider à mieux gérer vos émotions. La prochaine fois que vous commencerez à ressentir ces sensations, vous serez davantage en mesure de prévoir, et possiblement de prévenir une flambée d’émotions imminente.

3) Quelle émotion avez-vous ressentie?

Est-ce que c’était de la peur? De la colère? De la jalousie? De l’exaspération? De la tristesse? Au premier coup d’œil, vous direz simplement : « J’étais en colère. » Toutefois, vous devez chercher à trouver la véritable source de l’émotion que vous avez ressentie comme de la « colère ». Cela mettra en lumière les pensées qui ont été générées par l’événement déclencheur.

4) À quoi pensiez-vous?

Les événements génèrent des pensées. Quelle est la croyance à l’origine de cette pensée? Par exemple, si, un jour, votre patronne vous regarde d’un regard étrange, vous pouvez croire : « J’ai fait quelque chose de mal, elle va me congédier », puis vous commencez à angoisser. Ce sentiment causera beaucoup de tension dans vos épaules, ainsi qu’un nœud dans votre estomac, puisque vous vous dites que vous vous retrouverez probablement sans emploi. Vous commencez à vous dire que vous faites toujours des erreurs ou que vous dites toujours la mauvaise chose.

Je vous expliquerai comment gérer ce type de pensées dans une prochaine section. Pour l’instant, restons concentrés sur la façon de contrôler les flambées d’émotions au travail.

Préparez un plan d’action

Il est toujours préférable de préparer un plan d’action pour ces flambées explosives lorsque vous êtes dans un état de calme. La meilleure façon de contrôler vos émotions est d’être à l’écoute des signes déclencheurs et des indices qui vous amènent à perdre le contrôle, et d’avoir un plan afin de savoir comment réagir lorsque ces éléments déclencheurs ou ces indices se pointent. Plusieurs d’entre nous ont à leur disposition quelques options lorsque les événements nous rendent émotifs.

1) Vous pouvez réagir : C’est, bien entendu, ce que vous faites, et c’est ce que vous souhaitez probablement changer, puisque c’est exactement ce qui vous a mis dans le trouble.

2) Vous pouvez vous retirer de la situation : Vous pouvez créer un « script » pour expliquer la raison pour laquelle vous devez vous retirer de la situation; préparez-le à l’avance.

3) Vous pouvez laisser faire : Lorsque vous aurez plus de la facilité à contrôler vos émotions, vous pourrez considérer cette option.

4) Vous pouvez préparer votre réponse à l’avance : Cela nécessite une bonne prévoyance. Prenez le temps d’analyser les expériences passées afin de découvrir des indices. Une fois que vous aurez identifié quelques indices qui vous permettront d’identifier une flambée d’émotions imminente, vous pourrez créer un plan d’action pour vous aider à gérer vos émotions AVANT qu’elles ne se pointent. Soyez à l’écoute des indices indiquant que quelque chose est sur le point de se produire et décidez de la façon dont vous gérerez la situation la prochaine fois que ces indices se présenteront. Ce qu’il y a de bien, c’est que vous pouvez demander d’obtenir de l’aide pour préparer votre plan d’action auprès de quelqu’un qui a davantage d’expérience et de succès avec les autres. Vous voudrez peut-être pratiquer votre réponse devant le miroir ou avec la personne qui vous aide, tant qu’elle soit quelqu’un pour vous épauler et vous aider.

Votre plan d’action peut ressembler à ce qui suit :

  • Lorsque je commencerai à me sentir débordé, je prendrai deux grandes respirations. Dès que je sentirai la pression tomber, je dresserai une liste de tout ce qu’il y a à faire et, au besoin, je discuterai avec mon patron afin de définir les priorités.
  • Lorsque je remarquerai que ma mâchoire se crispe et que je serre les poings, je saurai que je suis sur le point de perdre le contrôle, je dirai aux autres : « J’ai besoin d’un peu de temps pour y penser, je t’en reparlerai plus tard », ou vous pourrez tout simplement trouver une excuse pour vous éloigner afin de reprendre sur vous.

Comment présenter une demande d’accommodement au travail (sans toutefois dévoiler votre TDAH!)

Le milieu du travail est devenu un milieu de plus en plus difficile, même pour les personnes neurotypiques. Peut-être qu’il en a toujours été ainsi, mais à la vitesse où tout se déroule de nos jours, avec les attentes de plus en plus élevées qu’ont les employeurs et les clients, et avec la concurrence de plus en plus féroce, tout peut sembler beaucoup plus stressant que jamais. Si vous êtes un adulte atteint du TDAH, vous devez également conjuguer avec plusieurs autres défis qui s’ajouteront au lot :

  • Le manque d’attention et de concentration peut vous amener à passer à côté de certains détails et peut vous rendre la tâche beaucoup plus difficile lorsque vient le temps d’effectuer des tâches qui nécessitent de la concentration, et ce, même lorsque le moment est opportun.
  • Les troubles de mémoire mènent la plupart du temps à des engagements oubliés, ce qui se solde alors par une perte de crédibilité.
  • Le manque d’organisation vous laisse bien souvent avec une impression d’être débordé ou distrait : vous avez le sentiment de passer d’une tâche à l’autre, sans succès.
  • La procrastination vous amène à toujours être à la dernière minute, à toujours travailler avec un fusil sur la tempe et à avoir beaucoup de difficulté à respecter les échéanciers, ce qui vous amène un lot de stress important.
  • Vous voulez jouer au héros en voulant éteindre les feux des autres, tandis que votre travail, lui, demeure inachevé.
  • Et plus encore…

Ces défis supplémentaires font de votre milieu de travail un véritable champ de mines rempli de réprimandes et de déceptions… Que pouvez-vous faire pour vous en sortir?

La réponse évidente, qui est celle que la plupart des experts vous donneront, est la suivante : « Vous devriez présenter une demande d’accommodement auprès de votre employeur. » Cela semble si simple, n’est-ce pas? Il a été démontré que les accommodements peuvent être bénéfiques, et ils vous aideraient sans aucun doute, mais il y a toutefois un petit problème qui subsiste : comment pouvez-vous demander et obtenir des accommodements au travail, sans toutefois dévoiler que vous êtes atteint du TDAH? Et… comment ne pas dévoiler les risques que cela implique?

Que pouvez-vous faire? Il existe des façons de faire une demande d’accommodements sans dévoiler votre TDAH. Si vous croyez qu’il est préférable de ne pas parler de votre TDAH au travail, ou si vous préférez simplement ne pas en parler, vous serez heureux d’apprendre qu’il y a une « formule » qui vous aidera à présenter une demande d’accommodement sans exposer votre TDAH. Utilisez le modèle qui suit afin de vous aider à mettre par écrit ce que vous aimeriez dire, et ce, en fonction de votre situation. Pratiquez-vous et utilisez-le à répétition. Vous réussirez à coup sûr!

Étape 1. Décrivez votre principale difficulté et les circonstances qui l’entourent.

Étape 2. Décrivez une solution possible à laquelle vous avez pensé.

Étape 3. Décrivez les principaux avantages à votre patron, vos collègues, et expliquez en quoi cette solution sera avantageuse pour vous.   (En quoi est-ce que cette solution sera bénéfique pour vous et moi?)

Par exemple, s’il y a trop de bruit dans votre cubicule et que vous avez l’impression que vous seriez plus performant et que vous auriez plus de facilité à préparer un rapport particulièrement exigeant et récurrent en le faisant dans un endroit silencieux, vous pourriez préparer votre demande comme suit :

Étape 1. Décrivez votre principale difficulté – dites quelque chose qui ressemble à : « J’ai beaucoup de difficulté à garder ma concentration lorsque je travaille sur les rapports XYZ, car il y a beaucoup de bruit dans le bureau. »

Étape 2. Décrivez une solution possible – « J’ai pensé à une solution : lorsque je travaille sur ces rapports, est-ce que ce serait possible de le faire dans un bureau fermé, dans la salle de conférence, ou bien de travailler de la maison? »

Étape 3. Décrivez les principaux avantages – « Cela m’aiderait à être beaucoup plus efficace et à accomplir beaucoup plus de travail rapidement, ce qui permettra à Joe de travailler sur sa section plus tôt, et le tout sera fait avec peu ou pas d’erreurs, ce qui réduira le temps que vous devez passer à contre-vérifier mon travail. »

Vous avez fait du bon travail en tentant de vendre votre solution et en présentant les avantages que cela aurait pour tous… Vous n’avez pas l’air de vous plaindre, et personne n’a parlé de votre TDAH!

La formule est donc la suivante :

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« Les accommodements au travail nécessitent de modifier une tâche, un milieu de travail ou une façon de faire afin qu’une personne ayant une certaine difficulté puisse avoir le même accès à tous les aspects du travail. »1

Les accommodements au travail peuvent également inclure l’utilisation d’outils tels qu’un casque d’écoute, une technologie assistée, de la formation, une restructuration du travail, une réaffectation des tâches, ou l’embauche d’une adjointe administrative.

Une de mes clientes, qui est adjointe administrative, devait réviser tous les rapports de dépenses des chefs de service qui se rapportent à son superviseur, et ce, une fois par semaine. Il s’agissait d’une tâche fastidieuse qui nécessitait beaucoup de concentration. Elle devait faire cette tâche dans le silence, sans être interrompue. Toutefois, elle devait répondre au téléphone simultanément, ce qui générait plusieurs erreurs. Voici le discours qu’elle a tenu à son patron :

Étape 1.    J’ai beaucoup de difficulté lorsque je dois m’acquitter de la révision de vos rapports de dépenses. Chaque fois que je dois répondre au téléphone, j’ai de la difficulté à me souvenir où j’en étais avant de répondre à l’appel. Cela génère plusieurs erreurs, ou fait en sorte que je passe à côté de certains détails.

Étape 2.    Je sais que j’ai besoin de deux ou trois heures de temps sans interruption, lorsque je suis très concentrée, afin de m’assurer de faire mon travail sans erreur. J’ai d’ailleurs trouvé une solution possible : est-ce que Carole serait en mesure de répondre aux appels les mardis matins, afin que je puisse accomplir cette tâche sans être interrompue?

Étape 3.    Une fois cette solution en place, je serais en mesure de réduire le nombre d’erreurs de façon considérable et ainsi m’assurer que tous les reçus sont présents et comptabilisés. Cela vous évitera de recevoir des appels du service de la comptabilité ou évitera à la compagnie de payer un montant supérieur à ce qui est dû. Avec un nombre d’interruptions réduit, je serais également en mesure d’accomplir la tâche plus rapidement.

Son patron a trouvé qu’il s’agissait d’une excellente idée et lui a permis de transférer ses appels afin qu’elle puisse effectuer sa tâche sans erreur. Et tout le monde est heureux depuis ce jour!

1 Traduction de la Source : http://www.workwithoutlimits.org/

Les pilules ne sont pas LA solution du TDAH!

D’expérience, la réaction la plus commune à l’annonce d’un diagnostic de TDAH est la suivante : « Quel médicament dois-je prendre? », ce qui veut plutôt dire « Que puis-je prendre pour guérir du TDAH? ». Toutefois, je ne parle pas de médication avec mes clients. Je ne suis ni pour, ni contre les médicaments prescrits pour remédier au TDAH, mais je crois fermement que poser les bonnes actions peut régler le problème. Je sais que les médicaments aident beaucoup de gens, mais je crois que la médication ne peut tout faire toute seule.

Les médicaments ne sont pas LA solution. Il n’y a pas de remède contre le TDAH. Recevoir un diagnostic de TDAH signifie que votre cerveau fonctionne différemment de celui des autres. Bien qu’il y ait des médicaments disponibles sur le marché, et qu’ils sont souvent très efficaces, ils ne font pas effets pour tous et, ce n’est pas une panacée. Bien que notre société souhaite trouver un remède instantané, il faut se rendre à l’évidence… il n’y en a pas!

Est-ce que cela veut dire que vous êtes condamné à vivre avec votre problème? Bien sûr que non! Il n’y a pas de remède pour guérir l’obésité non plus. Toutefois, une personne avec un surplus de poids n’est pas condamnée à rester avec un surplus de poids. Prenez l’exemple de mon mari : il a perdu 100 livres lorsqu’il a appris qu’il était atteint de diabète. Il a, bien entendu, cherché à trouver des raccourcis, des pilules ou un régime qui lui permettrait de faire disparaître ses kilos en trop sans y mettre aucun effort. Qui ne le ferait pas?

Toutefois, la meilleure solution a été de développer de nouvelles aptitudes et d’adopter de nouvelles habitudes. Le tout ne s’est pas fait du jour au lendemain mais, après quelques semaines et quelques mois, il avait apporté d’infimes changements à son alimentation et à son mode de vie, ce qui a eu un impact important au bout du compte. Plusieurs personnes craignent de s’engager car elles croient que ce sera trop difficile.

C’est totalement faux! En effet, l’essentiel est que vous vous sentiez bien avec chacun des petits changements apportés à votre vie. Adaptez-vous à un changement, puis apportez-en un autre à votre mode de vie. Cela peut prendre du temps, mais chaque effort compte. Par exemple, mon mari a commencé à faire de l’exercice. Tout d’abord la marche, puis la course, pour finalement jouer au basketball. Imaginez! Comme premier effort, il s’est dit qu’il devait faire le tour du pâté de maison à chaque fois qu’il allait fumer une cigarette (il n’était pas autorisé à fumer à l’intérieur). Maintenant, il ne fume plus et il pèse 100 livres de moins.

Vous devrez développer certaines aptitudes de base afin d’apprendre à mieux vivre avec votre TDAH. Si vous apportez des changements trop radicaux, vous ne pourrez poursuivre le programme. En effet, la clé du succès consiste à commencer au point de départ et d’avancer dans la bonne direction et ce, même si vous avancez à petits pas. Je reconnais qu’il peut être décourageant de progresser lentement, mais motivez-vous en vous disant que c’est la seule façon qui ait fait ses preuves.

Pourquoi un mois de la sensibilisation au TDAH?

penseur sur rocherEn avril 2013, le CADDAC (Centre for ADHD Awareness, Canada) a invité les adultes canadiens atteints du TDAH à compléter un sondage en ligne. Un grand nombre, soit 759 adultes, y ont participé. Les résultats du sondage répondront à la question suivante : « Pourquoi un mois de la sensibilisation au TDAH (déficit de l’attention)? »

Un grand nombre d’adultes atteints du TDAH ne le savent pas!

Pour commencer, 87 % des adultes ayant répondu au sondage n’ont été diagnostiqués qu’à l’âge adulte. Cela vient confirmer d’autres études qui démontrent que de 85 à 90 % des adultes atteints du TDAH ne le savent pas et ne sont pas traités, mais vivent une vie chaotique et souffrent… beaucoup!

Combien de fois m’a-t-on dit, après avoir visionné une de mes vidéos sur YouTube, lu un article ou écouté une entrevue, que c’était la première fois que quelqu’un était capable de mettre en mots le calvaire qu’ils vivent.

Un grand nombre de médecins de famille ne croient pas au TDAH chez l’adulte

Est-ce surprenant qu’autant d’adultes atteints du TDAH ne le savent pas lorsqu’on apprend que 24 % des répondants rapportaient avoir rencontré au moins un médecin qui ne croyait pas au TDAH chez l’adulte? Près de 50 % des répondants ont rapporté avoir vécu une expérience très négative alors qu’ils recevaient de l’aide de professionnels de la santé pour leur TDAH.

Lorsque je lis de telles statistiques, certaines conversations avec des adultes atteints du TDAH me reviennent en tête. Je me rappelle d’un homme qui m’a téléphoné en pleurant. Il avait perdu son troisième emploi, car après avoir consulté quatre médecins, et avec son rapport de diagnostic en main, aucun ne lui a prescrit de médicaments. Deux d’entre eux lui avaient même conseillé de « travailler plus fort ». Chaque fois que je revis cette conversation, je serre les poings et j’ai la larme à l’œil.

L’ignorance, les préjugés et la stigmatisation…

Soixante-dix-neuf pour cent des répondants ressentaient que le manque d’accessibilité au traitement a eu un ou plusieurs impacts négatifs dans leur vie et dans leur carrière. Et 67% pour cent rapportaient une plus faible productivité au travail, 50 % avaient l’impression de ne pas avoir atteint leur plein potentiel au travail, tandis que 32 % des répondants avaient de la difficulté à garder un emploi.

L’accès à de l’information pertinente sur le TDAH était rare, c’est-à-dire que 62 % d’entre eux n’avaient pas reçu suffisamment d’information de la part de leur médecin traitant.

La majorité des répondants (comme la majorité de mes clients) mentionnaient que les préjugés et la stigmatisation du TDAH pesaient plus lourd que les coûts du traitement.

De plus en plus de pédiatres, de professeurs et d’orthopédagogues en milieu scolaire reconnaissent les symptômes du TDAH, donc le TDAH chez l’enfant commence à être mieux accepté. Par contre, pour le malheur des adultes atteints du TDAH, il reste encore beaucoup de montagnes à escalader.

Parlez-nous de votre expérience.

L’impact du TDAH sur la productivité

C’est le mois de sensibilisation du TDAH!

Nous sommes plusieurs à mettre des efforts importants pour sensibiliser le public mais surtout les entreprises à l’impact du TDAH chez l’adulte. Et donc vous verrez beaucoup plus dans les nouvelles sur le TDAH. D’ailleurs un excellent article à été publié sur le sujet dans le journal Les Affaires sur le Web. J’y suis citée à quelques reprises.

lesaffaires

Le TDAH affecte aussi la productivité au travail – article dans Les Affaires

Mais qu’est-ce que c’est si ce n’est pas de la procrastination?

manque de concentrationIl n’y a rien de plus frustrant que de prévoir accomplir une certaine tâche, pour finalement réaliser que vous « n’en avez pas envie », que vous « n’êtes pas dans le bon état d’esprit » ou que vous « n’avez aucune inspiration ». Vous avez gaspillé du temps que vous ne reverrez jamais, et vous n’avez rien accompli pour combler ce temps perdu. Nous entendons souvent dire que les adultes atteints du TDAH ont de la difficulté à gérer leur temps, mais lorsque vous faites les efforts requis, lorsque vous faites ce que vous devez faire… ce serait vraiment agréable que vous réussissiez à accomplir ce que vous avez prévu.Après tout, ce n’est pas comme si vous n’aviez que du temps libre pour le reste de la semaine!

Vous repoussez la tâche parce que vous avez l’« angoisse de la feuille blanche » ou que vous « ne vous sentez pas prêt », puis vous jonglez avec les rendez-vous et restez, encore une fois, tard au bureau afin de récupérer tout le temps improductif que vous aurez perdu. C’est si frustrant, parce que vous avez suivi tous les conseils des experts en gestion du temps : vous avez décortiqué votre projet en des étapes plus faciles à gérer, vous avez prévu du temps pour accomplir ces tâches, vous avez planifié du temps à votre agenda où personne ne pourra vous demander de faire autre chose, vous avez éliminé les distractions (peut-être vous êtes-vousmême déjà caché dans un café afin d’éviter les appels téléphoniques et les courriels), sans toutefois arriver à travailler. Les heures ont filé entre vos doigts, elles ne pourront jamais être récupérées, et vous n’aurez aucun travail à présenter.

Même si vous suivez les bons conseils d’autres…

Dites cela à la plupart des gens et ils rejetteront le tout du revers de la main. « Tu as simplement eu une mauvaise journée. Ça arrive à tout le monde. » Mais lorsque ça se reproduit à nouveau, les autres se demandent pourquoi vous « procrastinez ». Après tout, vous n’avez pas été en mesure de le faire aujourd’hui, alors vous prévoirez le faire demain ou le jour d’après. Cela a alors tout l’air de la procrastination. Et ils ont de bons conseils pour cela également! Ils vous disent : « Commence toujours par le plus difficile en premier. » Une autre personne pourra vous confier que son secret de la réussite est : « Commence toujours par le plus facile en premier. » Un autre vous propose la solution la plus simple : « Fais-le, tout simplement. »

Mais lorsque cela se produit de façon régulière, ils commencent à vous regarder différemment. « Peut-être as-tu de la difficulté à avancer parce que tu es incapable d’affronter tes peurs? » Ou ma phrase préférée : « Peut-être que tu ne veux pas vraiment réussir; tu ne cesses de te nuire. »Peut-être serez-vousmême tenté de les croire, si ce n’était pour le fait que, parfois, sans que vous ne sachiez pourquoi, les astres sont alignés et tout fonctionne. Vous êtes capable d’accomplir les choses, et ce, plus rapidement et mieux que n’importe qui d’autre. C’est donc évident que vous pouvez y arriver. Vous commencez alors à vous demander si vous n’êtes pas en train de devenir fou.

Vous êtes incapable de dire si c’est parce que vous ne gérez pas votre façon adéquate, parce que vous procrastinez ou si vous vous nuisez en secret! Toutefois, ce que vous savez, c’est que rien ne semble fonctionner ou, du moins, ça ne fonctionne jamais suffisamment bien pour vous permettre de vous y fier.

Vous ne ciblez pas la vraie source du problème

Et si je vous disais que vous passez à côté de la véritable raison pour laquelle vous êtes incapable d’avoir un rendement constant? Vous n’êtes pas paresseux, vous ne procrastinez pas et vous n’êtes pas fou. Vous n’avez pas « peur du succès ». Non, en fait, le problème est que vos niveaux d’énergie ne sont pas optimaux pour l’activité que vous avez planifiée. Les niveaux d’énergie de chacun fluctuent au cours d’une journée. Toutefois, les adultes atteints du TDAH sont particulièrement susceptibles aux variations d’énergie dans leur cerveau. La concentration ou le focus mental nécessitent beaucoup d’énergie, alors si vous planifiez faire une activité qui nécessite toute votre attention à un moment où votre niveau d’énergie est à son plus bas, vous aurez de la difficulté. Vous serez incapable de vous concentrer, vous aurez de la difficulté à contrôle votre besoin de bouger, et vous vivrez une incroyable perte de temps à « tenter » de vous concentrer malgré tout.

La plupart des gens sous-estiment l’importance de faire concorder leurs niveaux d’énergie avec les demandes que vos activités exigent à votre cerveau. Non affecté, le cortex préfrontal peut fonctionner suffisamment bien selon une vaste gamme de niveaux d’énergie. Toutefois, en tant qu’adulte atteint du TDAH, votre cortex préfrontal affaibli est sensible aux plus infimes variations. L’effet d’une baisse d’énergie est si dramatique, alors le simple fait de bien comprendre votre propre cycle de niveaux d’énergie vous permettra de planifier les bonnes tâches en fonction du bon niveau d’énergie. Ainsi, vous serez en mesure de terminer ce que vous aurez planifié plutôt que de devoir planifier sa réalisation à nouveau parce que vous « n’en aviez pas envie ».

Planifier la bonne activité au mauvais moment dans votre cycle d’énergie est comme jeter du temps précieux par la fenêtre. J’avais une cliente, Diane, qui avait fait le grand saut : elle avait quitté son emploi pour lancer sa propre entreprise. Au bout de six mois, elle était désespérée.Les contrats de consultation se faisaient rares, parce qu’elle avait beaucoup de difficulté à terminer et livrer ses propositions d’affaires. Ses fonds étaient à la baisse, et elle se demandait si elle était faite pour être propriétaire d’entreprise. Elle a communiqué avec moi afin que je puisse l’aider à surmonter son problème de procrastination; elle devait réellement être en mesure de préparer et de soumettre ses propositions selon les échéanciers.

Une fois qu’elle m’a expliqué la situation, j’ai été en mesure de déterminer que son principal problème n’était pas la procrastination. Il m’a semblé évident que, puisqu’elle ne connaissait pas ses cycles d’énergie, elle tentait de travailler sur ses propositions d’affaires au mauvais moment de la journée. En fait, les périodes de temps qu’elle y accordait n’étaient pas appropriées.

Dans la semaine qui a suivi la réalisation de la courbe de ses fluctuations d’énergie, elle m’a appelée à 18 h, en panique. Cela faisait quatre heures qu’elle tentait de terminer une proposition d’affaires pour un client potentiel, mais sans succès, et ce, en dépit de l’échéancier, qui était le lendemain. Auparavant, si rien ne fonctionnait comme elle l’entendait, elle comptait sur l’échéancier pour lui permettre de se concentrer suffisamment pour terminer sa proposition d’affaires, mais aujourd’hui, même cette solution ne fonctionnait pas.

Je l’ai aidée à prendre conscience que les propositions d’affaires nécessitent beaucoup d’énergie mentale, et qu’elle obtiendrait de bien meilleurs résultats si elle planifiait effectuer cette tâche à des moments où son cycle d’énergie était à son maximum. Elle a décidé de s’attaquer à sa proposition d’affaires le lendemain, au cours de son apport d’énergie maximale, puis le matin suivant, elle m’a appelée, tout excitée, parce qu’elle avait réussi à terminer sa proposition facilement, en seulement 45 minutes! Elle a même eu suffisamment de temps pour vérifier ses graphiques, apporter des modifications et livrer le tout avant la fin de la journée.

Elle a aimé la sensation d’être « dedans ». Elle a accompli davantage en moins de temps, et a livré un travail de meilleure qualité. Il n’est pas étonnant qu’elle ait décroché le contrat!

La plupart des gens ne font pas attention à leurs fluctuations d’énergie mentale, et traitent chacune des heures de la journée comme si elles étaient identiques. Malheureusement, bien que cela puisse ne pas affecter dramatiquement la plupart des gens, les adultes atteints du TDAH, eux, travaillent avec un réel désavantage lorsqu’ils ne font pas concorder leurs activités avec leurs fluctuations d’énergie mentale. Plusieurs adultes atteints du TDAH ont également des habitudes qui affectent leurs fluctuations d’énergie mentale, ce qui rend plus difficile la possibilité de stabiliser et de reconnaître leurs propresfluctuations d’énergie mentale.

Afin d’améliorer votre efficacité :

  • Adoptez des stratégies conçues pour les adultes atteints du TDAH afin de comprendre, identifier et stabiliser vos fluctuations d’énergie.
  • Prenez note de vos fluctuations d’énergie prévisibles et identifiez en quoi elles affectent votre capacité à vous concentrer, votre besoin de vous déplacer et vos périodes d’exténuation au cours de la journée.
  • Optimisez votre énergie mentale en faisant correspondre le type d’énergie nécessaire pour chacune des tâches avec le moment idéal pour les accomplir.
  • Si vous avez de la difficulté à assembler ce casse-tête, allez chercher de l’aide auprès d’un coach en TDAH qui comprendra comment le TDAH affecte les fluctuations d’énergie et comment vos fluctuations d’énergie affectent votre TDAH.


Coach Linda Walker, PCC, aide les adultes atteints du TDAH à améliorer leur productivité au travail, à atteindre un équilibre travail-famille et à prévenir l’épuisement professionnel. Auteure du livre With Time to Spare: The Ultimate Guide to Peak Performance for Entrepreneurs, Adults with ADHD and other Creative Geniuses, elle est également la mère du Programme d’optimisation de la productivité pour les adultes atteints du TDAH et de Vibrez! Une approche naturelle pour une concentration et une efficacité optimales.